E/CN.4/1996/35/Add.1 page 6 7. Arben Memolla, de Rrogozhina, attendait en compagnie d’un cousin que quelqu’un vienne le chercher après une réunion du Parti socialiste le 23 septembre 1994 lorsque trois policiers les ont arrêtés et embarqués dans un fourgon. Dans le véhicule, trois autres policiers les auraient frappés à coups de poing et de pied sans arrêt. Arben Memolla aurait reçu des coups à la tête, au visage et sur tout le corps. 8. Zegine Dervishi, vice-présidente de la cellule du Parti socialiste du village de Donofrosa, aurait été arrêtée le 6 novembre 1994. Dans la voiture de police, elle aurait été battue et frappée à coups de pied dans l’estomac. Elle a été emmenée au poste de Berat et battue de nouveau, tirée par les cheveux et insultée. Selon un certificat médical délivré par l’hôpital qui l’a soignée, elle aurait présenté des contusions à la tête et sur tout le corps. Xhevdet Kodheli, du village de Cukallat et président de la section locale du Parti socialiste, aurait également été arrêté la même nuit et emmené au commissariat de police de Berat. Il aurait été brutalement battu par une dizaine de policiers. En avril 1995, le Parti socialiste aurait porté plainte contre les brutalités infligées à ces membres du Parti socialiste, ainsi qu’à Neim Kaleci, Veli Toska et Petref Sula, membres également du Parti, qui eux aussi auraient été brutalement frappés le 3 avril 1995. Aucune enquête n’aurait été ordonnée. 9. Përparim Hyseni, président de la section locale du Parti socialiste dans le quartier No 9 de Korça, aurait été arrêté par des policiers aux abords de cette ville le 21 novembre 1994. Il aurait été violemment frappé par plusieurs policiers dans un fourgon de la police et de nouveau dans une cellule au commissariat. Il aurait perdu conscience et se serait réveillé à l’hôpital avec des fractures à la tête. 10. Ilir Lulja, sympathisant du Parti socialiste, aurait été arrêté le 25 novembre 1994 par une patrouille de police du commissariat No 2 de Tirana et emmené au poste de police "Kombinat". Il aurait été battu avec des matraques, blessé à la tête, au visage, aux jambes et dans le dos. 11. Le Rapporteur spécial a également transmis des renseignements concernant les cas mentionnés dans les paragraphes suivants. 12. Enrik Islami, de Vlora, aurait été arrêté pour meurtre en juin 1993. Durant les 17 mois qu’a duré sa détention provisoire, il aurait été brutalisé à maintes reprises par des policiers. Le 23 novembre 1994, des policiers lui auraient attaché les mains et les pieds et l’auraient frappé violemment pendant dix minutes en présence d’autres prisonniers; il serait mort par la suite. Après une enquête du procureur de Vlora, le chef de la police de Vlora et trois autres policiers ont été inculpés d’abus de pouvoir ayant entraîné la mort. 13. Irfan Nanaj, de Saranda, aurait été arrêté le 15 janvier 1994 à la suite d’une querelle d’ivrognes dans un café. Emmené au commissariat de police de Saranda, il aurait été battu jusqu’à perdre conscience; il est resté dans le coma pendant deux semaines et est mort le 26 janvier. Un médecin de l’hôpital aurait déclaré à des journalistes qu’Irfan Nanaj avait été battu avec une matraque en caoutchouc et avait souffert d’une hémorragie interne.

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