E/CN.4/1996/35/Add.1 page 9 du chiffon, il aurait reçu des brûlures sur la poitrine ainsi que des électrochocs et il aurait été battu. Pendant ce temps, aucune information n’aurait été communiquée à sa famille par les autorités concernant l’endroit où il était détenu. Le gouvernement a répondu que M. Saâdane avait été poursuivi dans le cadre de l’affaire sur l’enlèvement des trois agents consulaires français et condamné à trois années d’emprisonnement. 25. Noureddine Lamdjadani aurait été arrêté le 17 mai 1994 après s’être présenté dans un commissariat de police d’Alger où il avait été convoqué. Il serait resté en garde à vue jusqu’au 17 juillet. Les trois premiers jours, il serait resté au Commissariat central où on lui aurait ôté ses vêtements, attaché à un banc et on aurait essayé de l’étouffer au moyen d’un chiffon introduit dans la bouche. On aurait également introduit en grandes quantités du liquide dans sa bouche en même temps qu’il était battu. Au bout de ces trois jours, il aurait été transféré au centre de détention de Châteauneuf, où il aurait à nouveau été soumis à ce type de traitement à plusieurs reprises. 26. Saïd Moulay, professeur de mathématiques à l’université, aurait été arrêté le 19 juin 1994 à Alger alors qu’il conduisait sa voiture en compagnie de ses deux enfants âgés de quatre et neuf ans. Il serait resté en garde à vue pendant un mois, sans que sa famille eût été informée de l’endroit où il se trouvait. Il aurait été torturé par la méthode du chiffon et battu à coups de bâton, y compris sur la plante des pieds. 27. Le gouvernement a répondu que Noureddine Lamdjadani et Saïd Moulay étaient poursuivis des chefs d’inculpation d’assassinat et appartenance à une organisation terroriste armée. Lors de leur interrogatoire sur les faits à l’occasion de leur comparution devant le juge d’instruction, tant eux que Saâdane Hassani ont fait état des mauvais traitements qu’ils auraient subis. Or, au moment de leur audition, aucun élément susceptible de corroborer les allégations de mauvais traitements n’est apparu au magistrat instructeur, ce qui n’a pas permis à ce dernier de communiquer le dossier au Procureur de la République pour l’ouverture d’une information du chef de sévices et mauvais traitements. Par ailleurs, leurs avocats n’ont pas déposé plainte. Suivi d’un cas transmis au gouvernement en 1994 28. Le 29 novembre 1994, le Rapporteur spécial a envoyé un appel urgent concernant Abdelkrim Mammeri, arrêté à Alger le 12 novembre 1994 et qui était détenu dans un lieu inconnu. A propos de cet appel urgent, le gouvernement a répondu le 23 janvier 1995 que M. Mammeri avait effectivement été arrêté et qu’il avait été présenté devant la Cour spéciale d’Alger le 10 décembre 1994 avec le chef d’inculpation de création d’une organisation armée. Au moment où la réponse a été envoyée, il était en détention préventive à l’établissement de rééducation d’El-Harrach, près d’Alger. 29. Selon des informations complémentaires reçues de sources non gouvernementales, l’Observatoire national des droits de l’homme a ouvert une enquête sur les circonstances de l’arrestation de M. Mammeri, ainsi que sur les allégations selon lesquelles il aurait été torturé pendant la période de garde à vue. Au cours de cette enquête, M. Mammeri a déclaré qu’il avait été dans une geôle vide et dormait à même le sol et qu’il avait droit à un quart de pain tous les deux jours. Le premier jour, il aurait été entièrement dénudé

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