E/CN.4/2001/66
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28.
Ali Laacheb aurait été arrêté le 3 avril 2000 à 14 heures et torturé pendant huit jours
jusqu’à sa comparution devant le tribunal d’El Harrach le 11 avril 2000. Il aurait reçu des coups
de poing, de pied et de manche de pioche sur tout le corps, y compris sur le visage. Il aurait été
soumis à la technique dite du chiffon et aurait reçu des chocs électriques à quatre reprises.
Il serait actuellement détenu à la prison d’El Harrach à Alger. Sa femme et son fils,
Salim Laacheb, auraient été arrêtés en même temps et auraient été frappés en sa présence.
Sa femme n’aurait été détenue que quelques jours; son fils serait aussi actuellement détenu à la
prison d’El Harrach.
29.
Makrane Saadoune, membre d’un réseau d’information sur les violations des droits
de l’homme collaborant avec la Ligue algérienne des droits de l’homme, aurait été arrêté
le 17 juin 2000. Il aurait été interrogé par les services de renseignements militaires et soumis à la
technique dite du chiffon, aurait été frappé à l’aide d’un manche de pioche, et aurait été
électrocuté, en particulier sur les parties génitales. Il serait toujours détenu à la prison
de Tizi-Ouzou. Une dizaine d’autres personnes auraient été arrêtées en même temps que lui et
auraient été soumises à des traitements similaires.
30.
Rédouane Dahmani aurait été arrêté alors qu’il n’avait pas encore 16 ans,
le 20 juin 2000 et aurait été torturé jusqu’à son incarcération à la prison de Tizi-Ouzou le 28 juin.
Il aurait été arrêté par la police de Dellys et détenu au poste de commandement opérationnel
de Souk El Fellah à Dellys. Il aurait été forcé à assister aux séances de tortures d’autres détenus
avant d’être lui-même déshabillé et électrocuté, en particulier sur les parties génitales. Il aurait
été frappé sur le visage et soumis à la technique dite du chiffon. Il aurait par ailleurs été brûlé
avec des cigarettes et aurait fait l’objet d’attouchements sexuels accompagnés de menaces de
viol. Une demande d’expertise médicale aurait été déposée par son avocat devant le juge
d’instruction de Dellys siégeant près du Tribunal de Bordj Menaïel. Il serait toujours en
détention. Dix-sept autres personnes auraient été arrêtées en même temps que lui et auraient été
soumises à des traitements similaires.
Urgent appeals and replies received
31.
Le 25 janvier 2000, le Rapporteur spécial a envoyé un appel urgent conjoint avec le
Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes, y compris ses causes et conséquences et le
Rapporteur spécial chargé de la question de l’indépendance des juges et des avocats en faveur de
Me Nabira Mesbah, avocate auprès de la cour d’Alger, qui avait en particulier défendu des
victimes de torture auprès de la Cour spéciale d’Alger chargée des affaires de terrorisme entre
1992 et 1995. Elle aurait été inculpée d’escroquerie et arrêtée le 19 décembre 1999 et serait
depuis incarcérée à la prison de Blida. Elle serait enceinte de huit mois et souffrirait de diabète.
Elle ne bénéficierait pourtant d’aucun des soins médicaux appropriés à son état et son transfert
dans un hôpital aurait été refusé.
32.
Par une lettre datée du 8 février 2000, le gouvernement a indiqué que Me Nabira Mesbah
avait été arrêtée en flagrant délit et avait reconnu qu’elle avait l’habitude de traiter des affaires
avec certains juges moyennant corruption. Le 25 janvier 2000, elle avait été condamnée en
audience publique à une peine de 18 mois d’emprisonnement ferme et à une amende.
Un collectif d’avocats avait assuré sa défense. Concernant son état de santé, elle était
actuellement sous surveillance médicale à l’hôpital civil de Blida. Le gouvernement a
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