A noter également qu’il existe des sets de dépistage limités à la détection d’une seule substance. La Médiateure recommande d’augmenter les tests de dépistage qui ne devraient cependant pas être exécutés de manière systématique, sauf en cas de présomptions sérieuses d’une prise récente. (102) Si un tel dépistage faisait surgir la prise de drogues autres que le THC, et notamment la prise de drogues dites « dures », la réponse devrait être immédiate et conséquente. En pareil cas, le juge de la jeunesse devrait systématiquement être averti sans délai afin qu’il puisse décider des mesures qui s’imposent. En cas de récidive, le placement du mineur en milieu psychiatrique fermé aux fins d’une thérapie de sevrage et d’un suivi à moyen terme peut s’avérer nécessaire. En dehors des considérations médicales et en l’absence de danger immédiat pour la vie du mineur, des mesures disciplinaires conséquentes devraient s’appliquer. D’une manière générale, également toutes les autres mesures nécessaires, préventives et coercitives, à l’éradication de la prise de drogues dures au sein du CSEE devraient pouvoir être renforcées avec conséquence dans les meilleurs délais. (103) La Médiateure est plus nuancée en ce qui concerne la prise de cannabis. Si la prise de cannabis est répréhensible en soi et légalement interdite, la période de détection des métabolites du THC est telle que la prise effective de cannabis ait très bien pu avoir lieu en dehors du CSEE et à une époque pouvant aller jusqu’à 30 jours avant le test de dépistage. Si l’on sait que de nombreux mineurs placés au CSEE fument du cannabis, occasionnellement ou à titre plus ou moins régulier, on arrive au constat qu’un nombre impressionnant de tests de dépistage serait systématiquement positif. Force est également de relever que les consommateurs réguliers de cannabis sont généralement bien connus aux autorités du CSEE. Comme il ne saurait être indiqué de procéder de la même manière en cas de détection de prise de cannabis qu’en cas de prise d’opiacés, sous peine de compromettre gravement le fonctionnement du CSEE, des mesures alternatives doivent être identifiées. L’équipe de contrôle a pu constater que l’écrasante majorité des jeunes ne semble pas être informée des dommages potentiels qui peuvent être engendrés par une prise régulière de THC, et ce surtout à un jeune âge. 64

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