(17) Les entretiens menés avec les mineurs placés au CSEE permettent de penser que les bizutages des nouveaux arrivants qui étaient de pratique courante il y a quelques années encore ont cessé d’exister. Néanmoins, ces entretiens permettent d’affirmer avec conviction que les violences physiques et psychiques exercées par les mineurs déjà placés pendant une période plus longue au CSEE sur les nouveaux arrivants sont assez fréquentes. L’équipe de contrôle a en effet décelé l’existence d’une structure hiérarchique interne aux mineurs assez développée, ce qui a été confirmé par l’unanimité des mineurs avec lesquels des entretiens ont été menés. L’équipe de contrôle a été informée par un grand nombre de mineurs placés que presque chaque nouvel arrivant, et surtout ceux qui sont placés pour la première fois au CSEE et/ou qui ne connaissent pas d’autres mineurs déjà placés dans l’institution se voit exposé à des violences, plus physiques dans le cas de la section masculine et plus psychiques, quoique pas exclusivement, en ce qui concerne la section féminine. Selon les dires unanimes des jeunes, ces menaces de violences et les violences réelles, en ce qui concerne la section de Dreiborn du moins, auraient notamment pour but de faire connaître aux nouveaux arrivants la structure hiérarchique interne parmi les mineurs, à laquelle ils n’ont guère la possibilité de se soustraire. Selon les mineurs, des violences physiques de moindre à moyenne gravité, des mises sous pression, des chicaneries, ou encore l’exclusion du groupe social sont fréquentes et se passent généralement hors du contrôle et de la surveillance du personnel enseignant ou éducatif. D’après les mineurs, il serait également impossible, voire très difficile de se confier en pareil cas à un éducateur par peur de représailles exercées par ou sur ordre des mineurs en tête de l’hiérarchie en place. La Médiatrice est consciente du fait qu’il est impossible de mettre en place un système de surveillance garantissant que de tels agissements ne peuvent se produire. Elle salue les efforts menés pour pallier à ces pratiques qui, si elles sont découvertes font l’objet de sanctions disciplinaires conséquentes. Néanmoins elle est d’avis que le système actuel peut être amélioré sur certains points afin de réduire les violences entre mineurs au strict minimum. Dans la logique de l’éducateur de référence, la Médiateure propose d’instaurer un système de tutorat entre les mineurs. Si chaque mineur qui vient d’être placé au CSEE se voyait assigner un tuteur à choisir par la direction, ensemble avec le personnel éducatif et scolaire, parmi les mineurs pensionnaires du 27

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