Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté
22
-247-18937-3.indd 22
Section 2
Le risque de violence est prépondérant
dès les premières heures de la privation de liberté
La violence s'exprime souvent lors de l'entrée dans le lieu de
privation de liberté, celle-ci faisant parfois suite à un comportement agressif ou à une situation de crise. La privation de liberté
peut elle-même susciter une réaction violente.
I – L'arrivée
Les policiers ne sont pas formés à la gestion de la santé mentale
et même du « simple » état de crise. Ils interviennent pourtant en
cas de troubles à l'ordre public, sur la voie publique ou au domicile, causés par des personnes en détresse ou rupture de soin. La
pénétration dans le domicile d'une personne instable est très sensible et les policiers n'ont pas le savoir et le savoir-faire nécessaires.
« [Ma sœur] a été interpellée le (…) octobre au soir par
des agents de police, sur la voie publique en état de « bouffée
délirante » elle a été menottée au sol puis emmenée à l'hôpital ».
Saisine de la famille d'une patiente, établissement de santé
mentale, 2018
En prison, « Il existe une violence propre à la maison d'arrêt,
souvent cité par le personnel et les personnes détenues, liée à la
violence du mandat de dépôt et à la situation judiciaire encore
incertaine pour le détenu qui n'a pas été encore jugé » 1.
L'existence de quartiers des arrivants en détention permet
de prendre en compte cette spécificité des premiers moments et
d'atténuer les violences.
1. Melas L., Ménard F., Production et régulation de la violence en prison : avancées
et contradictions, Fondation pour la recherche sociale, Mission de recherche droit et
justice,2001.
04/11/2019 10:41:26
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents