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Une prise en compte insuffisante
RECOMMANDATION 18
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Les faits de violences interpersonnelles doivent faire l'objet
d'un signalement aux autorités administratives ou judiciaires.
Le dépôt de plainte pour agression ne peut être effectué que
par la victime mais cette dernière peut et parfois doit être accompagnée dans cette démarche. Dans les hôpitaux et les prisons, cela
nécessite parfois de se rendre au commissariat ou à la gendarmerie, donc de bénéficier d'une autorisation de sortir. Partout, cela
impose de disposer d'un certificat médical précisant l'incapacité
totale de travail (ITT).
Le Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) a rappelé l'obligation légale pour tout médecin de fournir un certificat
médical aux victimes qui en font la demande.
La règle pénitentiaire européenne 42-3 précise que « Tout
médecin doit répondre à une demande spontanée d'établissement
d'un certificat médical initial attestant des violences volontaires
ou des blessures involontaires subies ».
En vertu de l'article 226-14 du code pénal, le médecin est
autorisé à signaler au procureur de la République, avec l'accord
des victimes adultes, des sévices constatés dans son exercice et qui
permettent de présumer de violences physiques, sexuelles ou psychiques. Or, en milieu pénitentiaire par exemple, cette possibilité
n'est presque jamais utilisée pour informer directement le procureur de la constatation de blessures sur une personne détenue, ne
serait-ce que par l'envoi du certificat médical de coups et blessures
comportant une durée d'ITT.
Certains médecins exerçant dans des structures privatives de
liberté indiquent aux contrôleurs ne pas être compétents pour
déterminer cette ITT 1. Or dans la pratique, l'absence de déter1. Voir par exemple CGLPL, rapport de la deuxième visite de la maison d'arrêt
de Caen, mai 2018.
04/11/2019 10:41:35
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