-247-18937-3.indd 9 L'enfermement, propice aux violences interpersonnelles d'espaces collectifs diversifiés, conjuguée avec la fermeture des portes des unités, sont sources de violence. Dans un centre hospitalier du Sud-Ouest récemment contrôlé, les unités ne disposent que d'un unique espace collectif central où se concentrent les repas, la télévision et l'oisiveté. Les contrôleurs y ont constaté des violences spontanément « contaminantes » à l'ensemble du groupe lorsqu'un patient réagit à une frustration simple comme le manque de tabac. Plusieurs études dont celle menée par Len Bowers ont montré que la fermeture des portes des unités de psychiatrie favorise les comportements agressifs (physiques et verbaux) 1. Ce constat est également celui des associations de familles de personnes souffrant de maladies psychiques. Les unités d'hospitalisation fermées voient l'instauration d'une forme de cohabitation tacite entre patients présentant des troubles souvent très différents ; certains patients admis souhaitent parfois repartir tout de suite, ne se retrouvant pas dans le public accueilli, ce souhait s'exprimant par un stress ou de la violence. Les psychoses déficitaires sont caractérisées par une sensibilité particulière à l'intrusion dans l'espace personnel de nouvelles personnes, cette sensibilité pouvant s'exprimer par des moments d'agitation et de violence. Ainsi les contrôleurs constatent régulièrement les tensions générées entre patients qui doivent cohabiter dans des espaces restreints en nombre ou en surface, pendant le ménage de leur chambre, voire parfois toute la journée. Au centre pénitentiaire de Baie-Mahault (Guadeloupe), contrôlé en juin 2015 et frappé par un climat de violence particulièrement alarmant, tant le personnel de surveillance que la direction et les autorités judiciaires s'accordaient à lier ces agressions et leur augmentation à l'absence d'activités et à la surpopulation 9 1.  Bowers L, Simpson A, Alexander J. Patient-staff conflict: results of a survey on acute psychiatric wards, Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 2003 in HAS, op. cit., page 53. 04/11/2019 10:41:25

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