Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté
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Dans les services des urgences des hôpitaux particulièrement, l'absence de chambres fermées individuelles adaptées au
public spécifique des personnes en soins sans consentement ou
retenues par les forces de l'ordre, peut entraîner une escalade de
la violence et amener à l'usage de contentions. Ce fut le cas aux
urgences du centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne
lors du contrôle des services de psychiatrie, avec une ampleur
telle que le CGLPL avait formulé des recommandations en
urgence 1.
« […] il y a « la loge ». C'est une petite pièce aveugle sans
fenêtres, mal éclairée, mal chauffée avec pour seul mobilier
un matelas posé à même le sol. C'est une chambre d'isolement ! Sans sonnette et sans sanitaires. Une sorte de cachot
peu propice à l'apaisement et plutôt anxiogène. Les soignants
y placent les patients jugés "agressifs" ou "perturbateurs".
Ceux-ci sont souvent nus ».
Saisine d'un soignant, service des urgences d'un centre
hospitalier, 2018
Dans les établissements psychiatriques en général, plusieurs
études concordantes ont montré qu'une part importante des
violences constatées se produit dans les premiers temps de
l'hospitalisation ; la violence est cependant également fortement corrélée avec les phases aiguës de certaines maladies
psychiques amenant l'hospitalisation. S'il est ainsi difficile de
connaître la part de l'enfermement dans l'expression des violences, il n'en demeure pas moins que la phase initiale de
l'enfermement par hospitalisation est un moment à risque,
d'autant que les hospitalisations se font la plupart du temps
1. CGLPL, Recommandations en urgence relatives au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne (Loire), publiées au Journal Officiel du 1er mars 2018.
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