Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté
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« Je suis âgé de 85 ans. Hier j'ai été extrait pour une consultation ophtalmologique au centre hospitalier universitaire
de […]. Le surveillant m'a passé les menottes au départ du
centre pénitentiaire. J'ai demandé à ne pas les porter comme
lors des précédentes extractions, mais le surveillant m'a dit :
"vous êtes un homme dangereux". Je n'ai jamais fait l'objet
du moindre rapport d'incident depuis que je suis à […] et
mes précédentes extractions sans menottes ni entraves n'ont
donné lieu à aucune difficulté. J'ai trouvé humiliant à mon
âge d'avoir à traverser tout l'hôpital menotté au milieu du
public. »
Saisine d'une personne détenue, centre pénitentiaire, 2018
Les postures professionnelles, en établissement pénitentiaire
comme ailleurs, entretiennent les violences, en agissant sur le ressenti des personnes parfois au-delà de faits objectifs. Ce ressenti
violent crée un vécu traumatique de la privation de liberté, dont
on sait qu'il est lui-même facteur de violences. Il doit impérativement justifier des modifications des pratiques professionnelles.
« L'officier et les premiers surveillants ont en charge le
contrôle des mesures de sécurité prises par les surveillants et
il a été constaté une bonne traçabilité des actes qui respectent
les procédures préconisées par la hiérarchie. Pour autant, la
gestion de ces mesures de sécurité conduit parfois à la mise en
place de pratiques difficilement acceptables par les personnes
détenues qui peuvent alors devenir agressives ou violentes. Au
moment de la mission, un homme présent au quartier disciplinaire depuis sept jours, directement amené en transfert
disciplinaire depuis un autre établissement, se voyait ouvrir la
porte de sa cellule par cinq surveillants équipés des matériels
de protection complets avec casque et bouclier. C'était ainsi
04/11/2019 10:41:29
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