Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté
42
-247-18937-3.indd 42
en œuvre des techniques visant à la désamorcer. La mise en place
de mesures de désescalade par les professionnels impose, outre
leur formation (comme indiqué infra dans le présent rapport),
leur présence permanente auprès des personnes privées de liberté.
« Je vous écris après une agression parmi tant d'autres, cette
fois-ci c'est arrivé avec mon codétenu, il est venu me parler
vulgairement alors que je jouais aux cartes pendant la promenade […] Il a essayé de me donner un coup de tête, j'ai
répondu et dix détenus me sont tombés dessus ».
Saisine d'une personne détenue, centre pénitentiaire, 2013
Or, le CGLPL constate que les professionnels sont insuffisamment présents dans les espaces de vie, individuels et collectifs, des
personnes privées de liberté.
Les surveillants ont ainsi déserté les cours de promenades des
prisons, sauf exceptions observées dans un quartier des arrivants 1,
dans certains établissements pour peines pour des raisons architecturales 2, dans les bâtiments soumis au régime de respect 3.
Ils sont également de plus en plus absents des coursives, le jour
mais aussi la nuit où seules des rondes se font, laissant le champ
libre aux exactions des plus forts à l'encontre des plus faibles. Le
CGLPL recommande, dans chaque rapport annuel, une présence
plus active du personnel de surveillance et de l'encadrement dans
les lieux de détention et auprès de la population pénale.
Dans les hôpitaux contrôlés, les infirmiers sont souvent dans
des salles de soins fermées aux patients.
1. Voir par exemple CGLPL, Rapport de la deuxième visite du centre de détention de Tarascon, décembre 2018.
2. Voir par exemple CGLPL, Rapport de la deuxième visite de la maison centrale
de Poissy, mai 2014.
3. Voir par exemple CGLPL, Rapport de visite du centre pénitentiaire de Beauvais,
juillet 2017.
04/11/2019 10:41:29
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents