Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté 68 -247-18937-3.indd 68 administrations, peut être émise par la personne privée de liberté ou ses proches auprès de la hiérarchie du lieu. Cette procédure est plus ou moins bien exposée dans les documents informatifs ; elle l'est particulièrement dans les établissements hospitaliers, où les réclamations sont censées faire l'objet d'une procédure spécifique impliquant la commission des usagers. À l'hôpital, selon les témoignages des associations de proches des personnes hospitalisées en psychiatrie, les obstacles au dépôt des plaintes et réclamations sont parfois ardus. Rédiger une plainte structurée et motivée n'est pas nécessairement accessible à une personne malade en psychiatrie ; les familles redoutent quant à elles de possibles représailles à l'endroit de leur proche hospitalisé en cas de dénonciation. Les patients une fois stabilisés et sortis de l'hôpital disent craindre, en dénonçant des violences, de subir une nouvelle hospitalisation sans consentement. En prison, dénoncer des violences à l'administration suppose dans un premier temps de rédiger une requête pour obtenir un entretien avec un officier ou un membre de la direction. Or, dans de nombreux établissements pénitentiaires, les personnes détenues se plaignent de ce que leurs requêtes ne sont pas traitées ou ne parviennent pas à leur destinataire. Les contrôleurs constatent fréquemment que les requêtes, quelle qu'elles soient, ne sont pas enregistrées et qu'elles ne reçoivent pas systématiquement de réponse. Des dispositifs permettant de saisir des contacts extérieurs existent : la police nationale a par exemple mis à disposition du public une plate-forme internet permettant de déposer un signalement mais l'accès à l'internet n'est pas partout possible. Le CGLPL constate lors de ses visites dans les établissements pénitentiaires que les numéros humanitaires, verts ou d'organismes venant en aide juridique aux personnes, ne sont pas suffisamment accessibles depuis les cabines de téléphone, dont l'usage lui-même est dépourvu de toute confidentialité, privant les victimes de violence d'un moyen d'alerte qui devrait être à leur disposition. 04/11/2019 10:41:32

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