Certains MNP ont poursuivi leur activité de contrôle à distance, généralement grâce à des contacts téléphoniques ou des contacts avec des acteurs de la société civile. Plusieurs MNP ou Ombudsmans ayant qualité de MNP ont saisi les autorités, afin de leur faire part de leurs préoccupations concernant le respect de certains droits. En particulier, l'accès à l'air libre et le maintien des liens familiaux ont fait l'objet de recommandations de la part des MNP estonien (en Estonie, l'accès à l'air libre a été supprimé), au titre de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH) qui prohibe la torture et les traitements inhumains ou dégradants. Fin mars, le MNP grec a adressé une lettre aux ministères concernés afin de leur faire part de ses recommandations visant la réduction du risque de propagation du virus pour chaque type de lieu de privation de liberté. En Norvège, le MNP a entrepris de cartographier les mesures spéciales mises en place pour empêcher la propagation du coronavirus aux personnes privées de liberté. Des réunions téléphoniques ont été conduites avec des membres du comité consultatif, des organisations de la société civile travaillant sur les droits des personnes handicapées et les droits des détenus. Des réunions téléphoniques ont également été organisées avec les services compétents de la direction norvégienne de la santé, l’administration pénitentiaire et la gestion d’un centre de rétention administrative. Des informations écrites sur les conséquences de la pandémie de Covid-19 pour les personnes privées de liberté ont été demandées aux ministères de la santé, de la justice et de la sécurité publique. Des entretiens ont eu lieu avec les autorités sanitaires municipales sur la situation des personnes vivant dans des logements municipaux ou recevant des services de soins à domicile, soupçonnant que les mesures visant à réduire la propagation du coronavirus dans ces lieux avaient entraîné un isolement illégal ou disproportionné. Le MNP italien s’est montré particulièrement actif en décidant de poursuivre des visites, dont quatre dans des prisons et une dans le centre de rétention administrative de Rome. Des contrôles ciblés ont également été effectués dans deux prisons à la suite du signalement de mauvais traitements infligés en réponse aux protestations menées pendant la crise. Une autre situation critique a nécessité l'intervention du MNP : dans une prison, plusieurs centaines de personnes détenues étaient empêchées d'accéder aux cours de promenade et restaient en cellule toute la journée. Le MNP est intervenu en précisant que cette situation pourrait conduire à une possible violation de l'article 3 de la CEDH si elle n'était pas correctement et rapidement traitée. Les MNP allemand, espagnol et suédois ont mené des visites virtuelles en envoyant des questionnaires aux directions des lieux de privation de liberté ainsi qu’aux personnes privées de liberté, et ont mené des entretiens téléphoniques et en vidéoconférence avec le personnel pénitentiaire, médical ou des représentants des personnes détenues (en Allemagne). En Espagne, des entretiens vidéo avec les détenus ont été organisés à l'aide des téléphones portables fournis par le Secrétariat général des établissements pénitentiaires. En Suède, 70 % des personnes détenues interrogées dans les six prisons destinataires du questionnaire y ont répondu. Après avoir effectué une analyse des risques et acheté l'équipement de protection individuelle nécessaire, le Commissaire aux droits fondamentaux hongrois agissant en tant que MNP a également effectué des visites thématiques axées sur les mesures de protection contre le Covid-19 et leur impact sur les droits des personnes privées de liberté. Depuis fin avril, le MNP a visité deux établissements pénitentiaires, deux unités accueillant des mineurs, ainsi que le 17

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