Certaines USMP ont dû faire face, au début de l’épidémie particulièrement, à des tensions sur
le matériel de protection : masques, charlottes, surblouses (dont certaines, jetables, ont été
lavées puis réutilisées), gel.
Dans le même temps, l’absence de port du masque par le personnel pénitentiaire a exacerbé
les craintes d’une contamination, fortement relayée par les médias. Les directives sur le port
du masque manquaient de clarté et les dotations se sont révélées juste suffisantes pour en
distribuer aux seuls agents qui étaient en contact direct et prolongé avec les personnes
détenues. Il a été noté dans une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) que les
surveillants avaient été équipés en masques et gants par l’hôpital. Certains établissements
disposaient de petits stocks (notamment utilisés lorsqu’une personne détenue est atteinte de
tuberculose), qu’ils ont utilisés.
Des témoignages ont fait état du non-respect, même après leur dotation en masques, du port
des protections ou du respect des distanciations sociales par les agents pénitentiaires.
Certains gestes techniques ont été revus. Dans la plupart des établissements, il a été indiqué,
conformément à la note de la DAP28, une diminution du nombre des fouilles par palpation et
des fouilles à corps. Lors d’une fouille par palpation, la personne détenue se positionne debout
face à un mur, afin que la palpation soit effectuée par un agent se tenant derrière elle. Dans
les deux cas, l’agent porte un masque et des gants de protection à usage unique.
Le recours aux fouilles a été très variable d’un établissement à un autre, un établissement
ayant indiqué ne pas avoir modifié le nombre de fouilles réalisées et un autre les avoir
totalement arrêtées y compris au sein de l’unité pour détenus violents.
3.2.4
Accès aux soins pour les personnes malades
a) Accès à l’information sur le risque sanitaire
Dans l’ensemble des établissements contrôlés, la majorité des personnes détenues a pu
bénéficier d’une information sur le Covid-19, les risques sanitaires encourus, les mesures
barrières à respecter et les modalités exceptionnelles d’organisation des soins lors des
périodes de confinement puis de déconfinement.
Dans plus de la moitié de ces établissements, des prospectus, dont le contenu a été établi
conjointement par l’établissement et l’USMP, ou simplement complétés ou actualisés par
cette dernière, en principe dans plusieurs langues, ont été distribués aux personnes détenues.
Des vidéos ont parfois été diffusées sur le canal interne, ainsi que des messages de prévention,
leur conception résultant souvent d’un partenariat santé-justice.
Mais certains établissements se sont contentés de reprendre les affiches gouvernementales.
Les numéros nationaux d’information ont été intégrés dans la liste des appels possibles depuis
les cabines téléphoniques.
Le personnel soignant a souvent mis à profit le temps de distribution des médicaments dans
les cellules pour relayer les messages de prévention et répondre aux questions des personnes
détenues.
Les personnes détenues équipées d’un poste de télévision ont pu accéder aux informations
télévisées. Le ministère avait décidé de leur gratuité pendant cette période afin de compenser
28
Note du 9 avril 2020 relative à la prévention des incidents en détention durant la crise sanitaire.
30
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