CGLPL dans son avis relatif à la prise en charge des personnes détenues au sein des
établissements de santé29, se sont aggravées dans ces circonstances exceptionnelles.
Si cette offre réduite n’a suscité ni problème majeur ni revendication importante, à tout le
moins dans l’immédiat, de nombreux témoignages reçus par le CGLPL se sont fait l’écho de
ces difficultés : « Je n’ai toujours pas eu de soins dentaires, ni dentier, pour manger depuis 28
mois », « pas de visite chez le cardiologue, en plus j’ai attrapé deux ulcères à la jambe droite ».
« J’ai des soins tous les deux jours et un dermatologue est venu ». « Je dois passer un doppler
à l’hôpital mais en ce moment, avec le coronavirus, ce n’est pas possible »30.
L’accès aux soins psychiatriques constitue également une préoccupation, tant pour les
personnes détenues que pour les professionnels qui ont rencontré des difficultés pour obtenir
l’hospitalisation ou la prise en charge dans des structures spécialisées de certains de leurs
patients. Les contrôles réalisés montrent des différences d’approche des praticiens : dans la
majorité des cas, une simple permanence a été mise en place et seules ont été maintenues
les consultations « indispensables » ; plus rarement, les centres d’activité thérapeutique à
temps partiel (CATTP) et les hôpitaux de jour ont maintenu leur activité en individuel. L’accès
aux UHSA a été limité durant cette période. Ces prises en charge très variables n’obéissent a
priori à aucune mesure définie par la profession ou par les agences régionales de santé (ARS).
Si certains professionnels avaient envisagé le développement de symptômes liés au manque
de cannabis notamment en raison de l’arrêt des déplacements, leurs observations n’ont pas
permis d’en attester : il n’y a eu ni syndrome de sevrage au cannabis, ni demande accrue
d’anxiolytiques. Toutefois, une USMP a engagé dans la semaine du déconfinement un
questionnaire sur la consommation de stupéfiants pendant le confinement.
La continuité des soins pour les sortants de prison a été très imparfaite. Du fait de sorties
précipitées, ils ont été nombreux à quitter l’établissement sans être vus par l’USMP ou le
SMPR, et sans leur traitement (hormis le traitement hebdomadaire).
Un bilan sanitaire des conséquences de la prise en charge réduite assurée au plus fort de la
crise devra être établi.
3.2.5
Maintien des droits fondamentaux
a) Protection contre les violences
La grande majorité des établissements contrôlés a indiqué que le confinement avait été une
période calme : il y a eu très peu d’incidents et de violence entre personnes détenues comme
à l’égard du personnel. Les incidents collectifs qui ont eu lieu mi-mars lorsque la suspension
des parloirs a été annoncée ont été rapidement régulés, notamment par les annonces de la
garde des sceaux du 19 mars sur les mesures d’accompagnement de cette restriction (crédit
téléphonique, aide financière pour les plus démunis, messagerie vocale, etc.). Un chef
d’établissement a précisé que « le dialogue était très fluide entre les personnes détenues et le
personnel » ; il pense que « cela est dû au fait que tout le monde a le même intérêt, à savoir
ne pas être infecté par le Covid-19 ». Néanmoins, le 6 mai, il rapportait la présence de six
personnes détenues au quartier disciplinaire bien que seules les commissions de discipline
faisant suite à une mesure de prévention aient été tenues. Un autre chef d’établissement a
29
CGLPL, Avis du 16 juin 2015 relatif à la prise en charge des personnes détenues au sein des établissements de
santé, JORF 16 juillet 2015.
30
Propos de personnes détenues extraits des saisines reçues par le CGLPL.
32
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