- l’information du personnel administratif, du personnel soignant et des patients par des campagnes d’affichage sur ces gestes barrière ; - la création d’unités spécifiques par reconversion d’unités existantes, d’une capacité variant entre huit et vingt lits, réservées aux cas confirmés d’infection – parfois pour les cas suspectés – sans symptôme de gravité qui eût conduit à un transfèrement aux urgences de l’hôpital général de proximité (à l’exception d’un établissement qui, sans « unité Covid », a adressé systématiquement tout cas suspect aux urgences) ; - la désinfection des locaux, avec des détergents répondant aux normes, avec une attention particulière pour les « unités Covid », les poignées de porte et les mains courantes, par des équipes d’hygiène ou des agents formés (parfois recrutés pour l’occasion) au bionettoyage en particulier en contexte de risque infectieux ; - la réorganisation des modalités de relation, toujours limitées et parfois maintenues par petits groupes de patients accompagnés par des soignants. Sur l’ensemble du territoire national, cette organisation générale a montré des disparités qui ont pu rendre inappropriées des situations d’accès à la protection des patients. Ainsi, l’accès aux masques chirurgicaux pour une prévention hors « unité Covid » a été tardif et insuffisant, en l’absence de stock stratégique ad hoc, alors que les craintes concernaient leur acceptation par les patients. De même, l’accès aux masques FFP2 pour une protection des soignants en « unité Covid », a parfois pu se réaliser en utilisant des dons de masques périmés, prévus dans la protection contre la pandémie de grippe de 2009-2010. Les directives nationales concernant les masques ont été reçues comme compliquant les contraintes d’approvisionnement, qui associait une réquisition nationale depuis le mois de février, un approvisionnement direct interdit, l’obligation organisationnelle de passer par les groupements hospitaliers de territoire, une dotation calculée au niveau national selon des critères précis. L’accès aux solutés hydroalcooliques a également été une difficulté, liée à des stocks initiaux insuffisants pour répondre aux besoins. Des solutions locales ont été mises en place ; elles ont associé des dons (entreprise, mairie) et des fabrications locales selon la recette élaborée par l’organisation mondiale de la santé (pharmacie hospitalière, pharmacie de CHU, pharmacie de ville, entreprises). Enfin, la diminution du nombre de patients présents dans les établissements, qui a facilité la distanciation physique, n’a pas été homogène sur l’ensemble du territoire, en fonction de la densité de population. b) Pour les professionnels et les partenaires extérieurs L’accès aux éléments matériels de l’équipement de protection individuelle qui associe les masques (cf. supra), surblouses, surchaussures, lunettes ou visières, charlottes a révélé une pénurie globale initiale sur les deux à quatre premières semaines et une résolution hétérogène de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national. De nombreux établissements ont dû, contrairement aux directives nationales, trouver des solutions locales, par des appels aux dons (centre hospitalier universitaire, collectivités locales, préfecture, conseil départemental, entreprises) ou la sollicitation de fabricants locaux et parfois même des agents hospitaliers pour la confection de masques en tissu. 49

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