6.3.2
Le retour à une situation « normale »
La crise sanitaire a soulevé plusieurs enseignements s’agissant des CEF.
Tout d’abord, une forte disparité a été constatée sur la manière dont les CEF fonctionnaient. Cette
disparité est due principalement aux consignes nationales qui ont manqué de clarté et au
positionnement et accompagnement des échelons déconcentrés, notamment des directions
territoriales, qui ont différé d’un territoire à l’autre, mais également au mode de gestion des CEF
(public ou associatif). Il importe qu’une harmonisation soit recherchée afin de garantir une équité
de prise en charge quel que soit le CEF où le mineur est placé.
En fonction des directives locales, la question des nouvelles admissions pendant le confinement a
été particulièrement délicate pour les équipes et pour les mineurs arrivants qui subissaient un
isolement pour des raisons sanitaires. Une réflexion au niveau national sur cette question aurait été
bienvenue, notamment pour limiter les orientations en placement éducatif lors des déferrements
et les privilégier pour les sorties de détention par exemple.
Par ailleurs, les professionnels intervenant dans les CEF n’ont pas bénéficié des mesures telles que
l’aide à la garde d’enfant ou à la poursuite de la scolarité. Or, ces dispositions, mises en place pour
les professionnels soignants, ont bénéficié aux professionnels de l’aide sociale à l’enfance. Il est
difficilement compréhensible que les mesures diffèrent selon que les professionnels interviennent
dans un cadre civil ou pénal.
Enfin, la crise sanitaire a conduit les CEF à recourir plus largement au placement séquentiel et à
vérifier sa plus-value. Cette pratique doit être encouragée en ce qu’elle permet une meilleure
adhésion des mineurs à la prise en charge et une sortie progressive du CEF.
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