Mais certains établissements ont continué de connaître durant cette période une situation de
suroccupation, allant jusqu’à des matelas au sol. Cette situation induit, de facto, l’impossibilité
de respecter les gestes barrières en cellule et accroît les craintes tant des personnes détenues
que de leurs proches : « au sein du centre pénitentiaire […], les détenus sont confinés à trois
dans des cellules de 9 m² et parfois plus ; leur sécurité n’est plus assurée dans ces conditions
car la contamination est rapide, virulente, et le rapprochement des individus y contribue ;
malgré cela, les détenus n’ont aucun moyen à leur disposition afin de se protéger un tant soit
peu de la contamination »24.
b) Nombre de cas de Covid-19 chez les personnes privées de liberté
Au 22 mai, 121 cas de Covid-1925 étaient dénombrés parmi les personnes détenues,
comprenant à la fois les cas symptomatiques et les cas confirmés, et une personne était
décédée. Le nombre de personnes détenues hospitalisées pour ce motif a été faible, d’après
les informations recueillies par le CGLPL auprès des établissements contrôlés.
Conformément aux instructions données par le ministère des solidarités et de la santé, les
USMP ont été amenées à identifier les personnes détenues particulièrement vulnérables au
risque de contracter des formes graves du Covid-19. La liste de ces personnes a été partagée
avec l’administration pénitentiaire dans des conditions très différentes selon les
établissements, plus ou moins respectueuses du secret médical.
Le plus souvent, les détentions comme les services pénitentiaires d’insertion et de probation
(SPIP) ont été associés à ce travail, la volonté étant à la fois de surveiller davantage ces
personnes détenues et de les sensibiliser plus particulièrement.
Sur cette base, la perspective d’un aménagement de peine de type suspension pour raison
médicale a parfois fait l’objet d’une attention et d’une initiative plus fortes des services,
particulièrement du SPIP, même si cela n’a pas toujours pu aboutir à une libération. Dans un
établissement, a été rapportée la situation d’une personne détenue sans domicile fixe,
incarcérée dans un état de santé dégradé, tant somatique que psychiatrique. Cette personne
a finalement été confinée dans le service médico-psychologique régional (SMPR) de
l’établissement.
Certains établissements ont procédé à des mesures de mise à l’écart forcée – dans un souci
de protection qui n’est pas de nature à tout justifier – s’accompagnant parfois d’un
changement de cellule et d’une modification des horaires d’accès à la promenade ou au
téléphone. Cette stigmatisation a été très mal vécue par certaines personnes détenues.
3.2.2
Impact de la pandémie sur le personnel
a) Absentéisme et contaminations
Au 22 mai, 319 cas de Covid-19 étaient dénombrés parmi le personnel, comprenant à la fois
les cas symptomatiques et les cas confirmés, et une personne était décédée.
Au début de la crise, comme un chef d’établissement l’a indiqué, l’absentéisme du personnel
a été important possiblement par crainte d’être contaminé au travail et de contaminer sa
famille, les agents constituant l’unique source potentielle de la contamination des personnes
détenues une fois les parloirs interrompus. Ainsi, dans un établissement, plus de 27 % des
24
Propos d’une personne détenue extraits des saisines reçues par le CGLPL.
25
Statistique de la DAP.
27
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