témoigné d’une augmentation des projections, ce qui a entraîné une augmentation des « petites bagarres » entre personnes détenues. b) Relations avec les proches Dans le contexte d’interruption nationale des visites au parloir, le CGLPL a reçu de nombreux témoignages de personnes détenues et de leurs familles au sujet des difficultés rencontrées pour communiquer à distance, certaines parlant de « confinement dans le confinement ». Les dysfonctionnements habituellement constatés par le CGLPL quant à l’accès au téléphone et aux modalités de communication vers l’extérieur en général (délais d’autorisation des correspondants par le magistrat instructeur, panne du matériel, absence de confidentialité des conversations, horaires d’accès aux cabines, difficultés de rechargement du compte téléphonique, défaut de distribution de nécessaires de correspondance, etc.) ont plus que jamais distendu les liens entre les personnes détenues et l’extérieur. Dans une maison d’arrêt, quatre-vingts personnes se partagent l’unique cabine téléphonique de leur étage, laquelle ne fonctionne « qu’une fois sur deux »31. La durée des communications est limitée : « dix minutes maximum quand on peut y aller », indique une femme détenue dans un centre pénitentiaire. A cela s’est ajouté le délai important d’acheminement des courriers, déjà soumis à de nombreux aléas en détention : « des dizaines de jours de retard », déplore la conjointe d’une personne détenue. Seules les personnes détenues qui bénéficient d’un combiné téléphonique en cellule disposent d’une solution plus satisfaisante de maintien du lien avec leurs proches32. La subvention téléphonique de 40 euros par mois versée par l’État pendant le confinement et la création d’une messagerie vocale ont permis d’atténuer légèrement la charge financière du téléphone sur les personnes détenues. Cette dernière demeure extrêmement onéreuse en période d’absence de revenu lié au travail, d’arrêt des parloirs, et dans un moment particulièrement anxiogène. Seuls quelques établissements ou SPIP ont organisé la réception de courriels qu’ils imprimaient avant de les remettre aux personnes détenues. En Belgique, les personnes détenues ont pu avoir des visioconférences avec leur famille ; en Autriche, elles ont eu un accès élargi au téléphone et à Skype®, en Italie et au Royaume Uni des smartphones ont été mis à leur disposition. L’interruption des visites a également rendu impossible l’entretien du linge des personnes détenues par leurs familles, sans toutefois s’accompagner d’un meilleur accès aux services de buanderie selon des personnes hébergées dans un établissement. Néanmoins, lors des contrôles effectués par le CGLPL, de nombreux établissements ont indiqué avoir investi dans des lave-linge et sèche-linge afin de pallier cette difficulté. c) Activités et sorties La restriction des mouvements des personnes détenues a également entraîné, dans certains établissements, la mise en œuvre du régime de détention le plus strict à l’ensemble de la population hébergée – le régime « porte fermée ». De nombreuses personnes détenues ont confié l’ennui supplémentaire qu’elles ont ressenti au cours de cette période, résultant de 31 Propos d’une personne détenue extraits des saisines reçues par le CGLPL. 32 CGLPL, Avis du 10 janvier 2011 relatif à l’usage du téléphone dans les lieux de privation de liberté, JORF du 23 janvier 2011. 33

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