La diminution du nombre de personnes retenues et les impératifs sanitaires ont conduit à une
réorganisation des modalités d’hébergement. Certaines zones ont été mises en sommeil et, au plus
tard début avril, l’affectation d’une à deux personnes par chambre a été privilégiée. Cette
organisation a été maintenue, avec parfois une augmentation à trois par chambre à compter du 11
mai.
Les personnes retenues ont cependant été contraintes de partager le réfectoire (le principe d’un
seul service en un temps restreint a souvent été maintenu), les boutons-pressoirs des douches et
lavabos, les téléphones, les loquets des WC, etc. et ne pouvaient donc aucunement s’extraire d’une
vie en collectivité. L’état d’urgence sanitaire a rendu plus sensibles encore les atteintes portées à
leur dignité du fait de la vétusté de certains CRA et notamment de leurs équipements sanitaires,
comme le souligne également une mission de suivi de la commission des lois du Sénat62.
Les impératifs sanitaires liés à l’état d’urgence auraient dû conduire à une réorganisation des lieux,
des équipements et des services permettant le respect des gestes barrières et l’adoption de
postures de précaution pour les personnes qui le souhaitent.
b) Contamination
Aucune des personnes placées sous la surveillance de la PAF en ZA ou en CRA n’a été testée positive
au coronavirus entre le 16 mars et le 2 juin. Les CRA de Lille, Nîmes, Metz, Oissel et Toulouse ont,
chacun, eu à connaître de cas suspects, en nombre contenu (quatre au maximum en un même lieu) :
ces personnes ont été mises à l’écart ou prises en charge à l’hôpital le temps de la levée de doute.
Les tests nasopharyngés pratiqués se sont révélés négatifs. Le CRA de Paris-Vincennes fait ainsi
figure d’exception puisque, au 15 avril, trois personnes partageant la même chambre y avaient été
testées positives au Covid-1963. Après un dépistage nasal effectué sur l’ensemble de la population
retenue, sept autres personnes, asymptomatiques, ont été testées positives. Parmi ces dix
personnes, six ont été libérées et orientées vers des centres de l’ARS consacrés aux personnes
précaires contaminées et quatre ont été maintenues au CRA après refus de l’ARS et avis de la
préfecture.
5.2.2
Impact de la pandémie sur le personnel
Parmi les agents, 181 « cas suspects » ont été rapportés mais peu ont été contaminés de manière
avérée ; peu de tests ont toutefois été pratiqués. Le taux d’absentéisme des forces de police a été
supérieur à la normale en raison d’arrêts de travail pour maladie, éventuellement préventifs pour
les personnes fragiles, et d’autorisations d’absence pour garde d’enfants. La continuité du service a
toutefois été assurée au bénéfice d’un plan de continuation réorganisant les effectifs par rotations
de moitié, suffisantes par l’effet combiné de la baisse du nombre de personnes privées de liberté,
de la fermeture de zones d’hébergement et de la diminution des mouvements.
5.2.3
Mesures d’information et de prévention
Comme indiqué, un court texte traduit en cinq langues, informant sur les gestes barrières et la
pandémie, a été transmis aux CRA pour affichage à destination des personnes retenues. Il a été vu
dans les locaux de police de l’aéroport de Paris-CDG et à l’intérieur de la ZAPI, mais pas dans les
zones de vie des CRA de Paris-Vincennes et du Mesnil-Amelot où seules des affiches, plus complètes
mais en langue française et en nombre insuffisant, étaient placées.
62
63
« Covid-19 : deuxième rapport d’étape sur la mise en œuvre de l’état d’urgence sanitaire », 29 avril 2020, p. 75.
Voir CGLPL, 20 avril 2020 : www.cglpl.fr/2020/saisine-du-ministre-de-linterieur-sur-la-situation-sanitaire-dans-lescentres-de-retention-administrative/
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