Un autre homme, qui n'avait pas de famille en ville, s'est plaint de n'avoir pas
mangé depuis cinq jours. 11 ne s'était pas lavé depuis son arrivée au commissariat
et il dormait par terre.
D'après un agent de police, les policiers achetaient parfois de la nourriture pour
les détenus et toutes les personnes en garde à vue avaient été nourries. Les repas
apportés par les familles étaient partagés entre tous.
MERCREDI 28 JUIN
Nous présentons ci-dessous le compte rendu des réunions de cette journée.
Madame Jeannette Dethoua, Haut-Commissaire aux droits de
l'homme ; M. Basile Diba, directeur général aux droits de l'homme
Conseil du Rapporteur spécial
Les policiers devraient s'abstenir de frapper les détenus.
'ai exposé les travaux de la Commission à la Haut-Commissaire et lui ai
demandé de faire en sorte que le rapport initial de la République centrafricaine
soit soumis à cette instance.
Brigade de gendarmerie, Berberati
En guise de réponse, la Haut-Commissaire a déclaré que son poste avait été créé
huit mois plus tôt. Sa première tâche consistait à prendre contact avec tous ceux
qui étaient concernés par les droits de l'homme, à savoir la société civile, les
syndicats, les ONG et les organismes religieux.
P
ersonne ne se trouvait en détention. Nous avons appris que le délai de 48
heures était respecté.
Nous avons alors entrepris de retourner à Bangui. Pressés par le temps, nous
n'avons pu visiter les prisons de Carnot (à 98 kilomètres de Berberati) comme
nous l'avions initialement prévu. Mais j'ai pu avoir une rapide conversation avec
le sous-préfet qui a exposé les problèmes rencontrés. Le lynchage était l'un de
ces problèmes. Ainsi, un soldat qui travaillait comme agent de sécurité pour une
entreprise privée avait tué trois personnes. Il avait alors été placé en détention,
mais la foule, ayant eu raison des gardiens de prison, l'avait lynché.
J'ai appris qu'un mineur avait été enchaîné et était mort de faim à la prison de
Carnot.
Après ce bref arrêt à Carnot, nous sommes repartis pour Bangui, à 500 kilomètres
de là. La journée du mardi 27 juin 2000 a été consacrée à des prises de rendezvous avec différentes autorités et à l'organisation d'une conférence de presse.
J
A la suite de leur visite dans les commissariats de police de Bangui, le
gouvernement a été informé des mauvaises conditions de détention.
Reconnaissant que les détenus devaient être traités avec humanité, les autorités
avaient organisé pour eux une fête de Noël. Des contraintes financières l'avaient
empêchée d'aller visiter les prisons de province. La République centrafricaine
n'a pas soumis de rapport à la Commission en raison des difficultés qu'elle
connaît. Si ce n'était pour des raisons financières, la République centrafricaine
aurait participé aux sessions de la Commission. La Haut-Commissaire demandait
à la Commission une aide financière pour que la République centrafricaine
puisse participer à ses sessions. Le gouvernement souhaite ardemment renouer
le contact avec les organismes internationaux, dans l'optique d'inscrire les droits
de l'homme au coeur du développement national. Une assistance technique a été
sollicitée auprès du bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme des
Nations unies.
M. Basile Diba a signalé qu'une assistance avait été reçue des Nations unies,
mais il a ajouté qu'une assistance de l'Organisation de l'unité africaine serait
également appréciée.
M. Maurice Regonessa, ministre de l'Intérieur
près l'explication habituelle sur le mandat de la Commission, j'ai soulevé
la question du rapport initial et ai prié le ministre d'intervenir pour que la
A
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