avaient été arrêtés au camp de réfugiés et menés dans cette cellule 40 jours auparavant. Pendant 30 jours, les autorités ne leur avaient rien donné à manger. Motif des arrestations : au camp de réfugiés, où se trouvaient 1200 personnes, les deux pompes à eau ne fonctionnaient plus depuis plusieurs semaines. Un véhicule de la Croix-Rouge avait été retenu pendant cinq jours en guise de protestation. La plus longue détention provisoire durait depuis 18 mois. Toilette : les détenus se lavaient en général tous les deux jours, mais parfois moins souvent. Savon : les autorités n'en distribuaient pas du tout. Nourriture : mauvaise et en petite quantité, la nourriture était apportée une fois par jour, parfois vers 17 heures. Santé : les détenus avaient été vaccinés contre la méningite deux semaines auparavant ; beaucoup avaient la gale ; l'un d'entre eux avait été malade pendant trois semaines sans qu'on le conduise à l'hôpital ; un autre, atteint de tuberculose, était éloigné de la cellule pendant la journée mais y revenait pour la nuit. Brutalités policières : mis à part les réfugiés, ni les condamnés ni les prévenus ne se sont plaints d'avoir été brutalisés. Abri Six personnes arrêtées en novembre 1999 à Sibut, parce qu'elles s'étaient battues, se trouvaient sous un abri. Deux d'entre elles seulement avaient participé à la bagarre. Le procureur avait ordonné la libération des quatre autres, mais ils se trouvaient toujours en détention. Ils étaient autorisés à rester sous cet abri parce qu'ils avaient des garanties de représentation et, en tant que musulmans, il leur était plus facile de prier à cet endroit. Nous avions rendez-vous avec le commandant Mazangue et l'avons attendu longtemps après l'heure dite. Il a refusé de nous rencontrer. Rapports entre gardiens le directeur de la police administrative avait et détenus : donné l'ordre de les frapper et de leur jeter des pierres s'ils mendiaient de l'argent aux passants (la porte de la cellule donnait sur la rue). Visites : les visiteurs, qui devaient attendre longtemps à l'extérieur, n'étaient autorisés à entrer que pour donner la nourriture qu'ils avaient apportée. Besoins naturels : un seau qui fuyait, posé dans un coin, servait aux besoins naturels. Il n'y avait aucune possibilité d'activité ni d'exercice. Réfugié : il se trouvait en détention sans jugement depuis 18 mois. Cet homme était accusé d'avoir assassiné des policiers. Il était autorisé à travailler hors de sa cellule. Transfert de Boda : un détenu avait été transféré de Boda, à 280 kilomètres de là. Il y était resté détenu trois Commissariat du port, Bangui 'ayant pas été informé de notre visite, le responsable du commissariat, M. Narzim Georges, était au début peu disposé à nous recevoir. Il a cependant accepté de nous rencontrer. N Il nous a expliqué qu'en tant que policiers, leur devoir est d'arrêter les délinquants et de les déférer à la justice. Mais ils sont devenus de fait des gardiens de prison. Pour que la police puisse reprendre ses fonctions normales, il faut que le gouvernement soit soutenu. Beaucoup de détenus sont amenés dans ce commissariat en raison de son emplacement. Cellule Spacieuse, elle abritait toutes les catégories de détenus : suspects, accusés et condamnés. En l'absence de nattes, les détenus devaient dormir sur des cartons.

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