LE PAYS
C
omme l'indique son nom, la République centrafricaine se situe à peu près
au centre de l'Afrique. Sa superficie est d'environ 623 000 km2 et le nombre
d'habitants était évalué en 1998 à 3 375 771 personnes. Le pays est limité au
nord-ouest par le Tchad, à l'ouest par le Cameroun, au sud-ouest par la République
du Congo, au sud-est par la République démocratique du Congo et au nord-est
par le Soudan.
Les principaux groupes ethniques sont les Baya, Banda, Sara, Mandjia, Mboum
et M'Baka. Tous les groupes ethniques parlent sango, mais le français est la
langue de travail, la France étant l'ancienne puissance coloniale. La moitié de
la population est chrétienne, avec une répartition égale entre catholiques et
protestants ; 35 % sont des adeptes de la foi ancestrale, le reste de la population
étant constitué de musulmans.
La République centrafricaine est l'un des pays les plus pauvres du monde, situé
au 154'me rang sur 174 d'après l'indice de développement humain du Programme
des Nations unies pour le développement (PNUD). Il exporte du café, du cacao,
du caoutchouc, les produits issus du palmier et du bois. L'activité minière porte
essentiellement sur le diamant. L'uranium et les gisements de minerai restent
à exploiter.
La République centrafricaine a connu une histoire mouvementée, notamment
depuis qu'elle a obtenu son indépendance de la France, le 13 août 1960. En
1962, le pays était déclaré Etat à parti unique, avec son premier président, David
Dacko, toujours à la tête du pays. Quatre ans plus tard, son cousin et chef des
forces armées, le colonel. Jean-Bedel Bokassa, prenait le pouvoir à l'issue d'un
coup d'Etat. Avide de pouvoir et de titres, il se déclarait président à vie en 1972,
maréchal en 1974 puis empereur en 1977. On estime que le quart des revenus
de l'exportation a servi à financer cette dernière métamorphose. Le régime brutal
de l'empereur prit fin en 1978 avec un coup d'Etat, mené (avec l'aide des militaires
français), assez ironiquement, par le cousin qui avait lui-même perdu le pouvoir
de manière analogue. L'élection de David Dacko au poste de président, en 1981,
conformément à une Constitution prévoyant le multipartisme, mais dans des
circonstances controversées, fut de courte durée. Le chef des forces armées, le
général André Kolingba, devint chef de l'Etat, le pays vivant sous un régime
militaire de 1981 à 1993.
Le vent du changement qui soufflait ailleurs ayant atteint la République
centrafricaine, Ange-Félix Patassé, ex-Premier ministre, fut élu Président en
1993, conformément à la Constitution. Les troubles se succédant, les premiers
soldats arrivèrent de pays africains, puis ce furent les Nations unies, dont les
sacrifices réussirent à calmer la situation. Mais cela n'empêcha pas la destruction
des prisons ni l'insécurité de s'installer dans certaines parties du pays.