S’agissant de la conformité aux normes d’hygiène générale et personnelle du prisonnier dans les lieux de détentions nationaux, il est constaté que la plupart de ces endroits souffrent de nombres de défaillances. Ainsi, on note une absence de surveillance de la part de l’administration elle-même pour imposer l’hygiène. De même, la déploration du manque de moyens destinés à l’hygiène est presque unanime dans les diverses prisons. Certaines personnes interviewées dans les prisons de Zouerate, Atar, Aioun, Néma, Tidjikja, Kiffa et Sélibaby ont affirmé qu’il n’existe pas d’allocations pour l’hygiène. En outre, l’hygiène personnelle dépend des moyens et des aptitudes personnelles du prisonnier. On constate alors que peu de prisonniers paraissent dans de bonnes conditions, la plupart d’entre eux ne disposent pas des moyens ou produits nécessaires pour assurer le lavage de leurs vêtements et literie. 3.5 Alimentation et accès à l’eau potable L’administration pénitentiaire tente, au niveau de tous les lieux de détentions, d’assurer les trois repas essentiels pour chaque détenu. Cependant, les repas offerts ne répondent pas aux normes nutritionnelles, tant en qualité qu’en quantité. C’est sans doute pour cette raison que les conditions de vie des prisonniers viennent en tête des problèmes soulevés par la plupart des personnes interviewées par le MNP au niveau des différentes prisons visitées. La plupart des prisonniers, surtout ceux soumis à un régime spécial, se trouvent dans l’obligation de préparer eux-mêmes leur repas et sur leurs propres frais utilisant des ustensiles de cuisine dans leurs cellules . D’autres reçoivent souvent leur repas de leur famille. A titre d’exemple, l’ensemble des prisonniers interviewés à Dar Naïm, la prison centrale de Nouakchott, Bir Moghrein, Nouadhibou, Aleg, Zouerate, Aioun, Néma, Sélibaby, Kiffa et Tidjikja se sont plaints de la mauvaise qualité des repas, due essentiellement à l’usage fréquent des produits alimentaires les plus utilisés, comme le riz, les pates alimentaires, les légumes et la faible quantité de viande en raison de la faiblesse du viatique qui ne dépasse pas, dans certaines prisons, 300 ouguiyas par jour et par prisonnier. Nous pensons que le montant alloué n’est pas suffisant pour subvenir aux trois repas fournis aux détenus. S’agissant de l’eau potable, la plupart de ces prisons souffrent des coupures et de l’insuffisance d’eau, car elle est distribuée par le biais de réserves domestiques (Mbalkat) souvent polluées. Cela pourrait contribuer à l’aggravation de l’état de santé des prisonniers atteints de maladies chroniques. 3.6 Soins médicaux Les détenus malades bénéficient gratuitement des soins qui leur sont nécessaires, ainsi que de la fourniture des produits et spécialités pharmaceutiques dont l’emploi est autorisé dans les formations sanitaires. » De même, l’article 105 du même décret précise que les détenus malades bénéficient, sous prescriptions médicales et dans toute la mesure du possible, des conditions matérielles de détention et du régime alimentaire nécessités par leur état. L’article 104 du décret N° 70/153 DU 23 mai 1970 stipule que : « A propos du droit des prisonniers d’être protégés des maladies, l’article 106 du même décret précise que l’administration est appelée à prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir ou de combattre les affections épidémiques ou contagieuses, y compris la désinfection des vêtements, de la literie et des chambres et autres endroits ayant servi à des malades contagieux. 30

Select target paragraph3

Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents