Niveau de respect de ces droits
Nous constatons que la plupart des prisons au plan national souffrent de la mauvaise qualité
des services sanitaires existants dans la prison. Ainsi, au niveau des prisons où il y a des postes de
santé comme la prison de Dar Naïm, la prison centrale, il n’y a pas suffisamment de médecins ni
d’infirmiers ni de personnel qualifié. Ces postes de santé souffrent aussi de l’exigüité de l’espace et
d’un manque important de moyens nécessaires comme les équipements, les médicaments de base,
les ambulances.
La situation sanitaire du reste des prisons est précaire, car la plupart des prisonniers souffrent
de manque de soins adéquats. La plupart des procureurs de la république dans les régions, en tant
que juridiquement responsables de la gestion des prisons à l’intérieur, soulignent l’absence
d’allocations pour les soins des prisonniers. Certains d’entre eux déclarent dépenser leur propre
argent pour soigner les prisonniers. Un nombre de prisonniers souffrent d’affections
dermatologiques, d’asthme et d’autres maladies provoquées par l’humidité et les mauvaises odeurs
et le manque de l’aération. Ils soulignent aussi l’absence de diagnostics précoces de ces maladies en
plus de l’absence d’un suivi sanitaire de proximité.
On rencontre aussi quelques cas de maladies chroniques graves comme la tuberculeuse, le VIH
SIDA, l’hépatite, le diabète, la tension artérielle et le cancer. La plupart de ces malades vivent en
contact avec les autres prisonniers, si on excepte la prison de Dar Naïm, où les malades atteints de
tuberculose sont isolés dans des locaux spécialement aménagés.
3.7 Droit au loisir 26, à la promenade et à l’air libre
Ces droits sont précisés dans l’article 103 du décret 153/70 du 23 mai 1970 qui stipule que tout
détenu a droit à une sortie à l’air libre de deux heures qu’on peut réduire à une heure pour les
prisonniers en situation d’isolement. De même, des séances d’éducation physique et de sport
ont lieu dans les établissements pénitentiaires où il est possible d’en organiser.
L’article organisant les prisons en Mauritanie consacre aussi le droit du prisonnier à faire le
sport dès que possible. Tous ces textes nous appellent à évaluer le niveau d’exercice de ces
droits : bénéficier de ces droits au niveau de la plupart des prisons nationales est une question
secondaire pour l’ensemble des prisonniers, vue la rareté des plaintes à ce sujet mais demeure
un droit naturel. Chaque fois que le MNP visite une prison, il trouve que les revendications des
prisonniers se résument essentiellement à l’alimentation appropriée, le suivi sanitaire, le
respect des délais légaux des procès. Excepté certaines prisons, surtout à l’intérieur du pays qui
disposent d’espace suffisant pour la promenade, la sortie à l’air libre et la pratique du sport,
l’exercice de ces droits parait très rare dans la plupart des prisons visitées en raison de l’absence
d’infrastructure existante appropriée.
3.8 Traitement des détenus
Plusieurs textes règlementaires nationaux affirment le droit du prisonnier à un traitement
digne et prohibent de le traiter de manière cruelle, humiliante ou dégradante. A l’exception de
quelques pratiques dégradantes déplorées par la plupart des prisonniers détenus pour actes
terroristes à la prison centrale de Nouakchott suite à l’évasion de l’un d’eux par le passé, nous
26
Voir la 7
ème
règle typologique.
31
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