Introduction
La création en Mauritanie du Mécanisme National de Prévention de la Torture et autres
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (MNP) constitue une première
dans la sous-région.
En effet, la ratification par notre pays à la mi-2006 de la Convention contre la Torture et
celle en 2012 du protocole facultatif annexé à cette convention (OPCAT) ont eu une grande
importance en matière de protection des droits de l’homme en général et de ceux des
personnes privées de liberté en particulier.
Nonobstant les défis majeurs auxquels la naissance de cette institution a fait face ; défis qui
impactent toujours, d’une manière ou d’une autre, ses conditions de travail, le MNP a pu, en
peu de temps, réaliser des résultats importants dans le domaine du contrôle des divers lieux
de détention sur l’ensemble du territoire national.
Ainsi, le Mécanisme a pu organiser des visites de terrain à toutes les prisons nationales et la
majorité des commissariats de police et brigades de gendarmerie, ce qui lui a permis de se
construire une vision globale sur l’état de ces endroits et d’évaluer leur conformité avec les
critères et normes nationales et internationales en matière de traitement des détenus.
Le but du présent rapport annuel, le premier depuis le démarrage des activités du MNP en
juin 2016, est de jeter la lumière sur le bilan de son action de monitoring des différents lieux
de détention (prisons, commissariats, brigades de gendarmerie etc.) durant toute une année et
demi.
Le rapport se divise en trois chapitres, dont le premier porte sur le cadre juridique et
institutionnel relatif à la prévention de la torture dans notre pays, le deuxième présente un
bilan global de l’action du MNP au cours de la première année qui a suivi sa création et le
troisième est réservé à l’évaluation de l’état général des lieux de détention, les conditions et
le traitement des détenus, au vu des normes nationales et internationales. Ce dernier chapitre
présente un diagnostic des conditions de détention, des premières minutes qui suivent
l’arrestation à l’incarcération dans l’une des prisons, ainsi que l’évaluation du respect des
divers droits des détenus à l’intérieur des prisons (hébergement, alimentation, soins
médicaux, hygiène etc.)
Le rapport s’achève par une série d’observations et de recommandations prioritaires, avec
l’espoir que les différentes parties concernées les prendront en considération, afin de
permettre de combler les lacunes constatées et de hisser notre pays au niveau des valeurs
civilisationnelles et humaines de notre sainte religion en matière de traitement des personnes
privées de leur liberté
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