Soins sans consentement et droits fondamentaux 100 247197248.indd 100 Section 4 Les fonctionnements méconnaissent souvent la dignité et l'intimité du patient sans pour autant préserver sa sécurité Les modes de fonctionnement de nombreuses unités entraînent, ainsi qu'on l'a vu, des atteintes à l'intimité du patient. Ces atteintes ne sont évidemment pas souhaitées en tant que telles, elles sont souvent la conséquence de préoccupations qui y conduisent comme la prévention d'actes auto agressifs ou le souci de veiller sur le patient. On pourrait donc s'attendre à ce que la sécurité de celui-ci soit prise en compte dans les organisations des structures, tel est rarement le cas. I – Le respect de la dignité L'atteinte la plus manifeste à la dignité, dont il convient tout de même de préciser qu'elle tend à disparaître, est l'obligation faite au patient de revêtir le pyjama de l'hôpital. Comme celui-ci n'est pas toujours adapté à la corpulence du malade, on a pu voir des patients boudinés dans le vêtement ou au contraire devant retenir leur pantalon pour ne pas le perdre en marchant. On a même vu dans un établissement qui n'avait plus les moyens de fournir des pyjamas utiliser de simples chemises d'hôpital qui ne cachent pas totalement la nudité, et dont les soignants, devant les contrôleurs, assuraient – imparfaitement – la fermeture dans le dos avec des pinces 1. La pratique est presque systématique en chambre d'isolement. Dans les autres circonstances, elle peut concerner tous les patients pendant les premiers jours suivant l'admission avec la justification « thérapeutique » qu'il faut que l'arrivant comprenne qu'il est malade et hospitalisé pour être soigné. Parfois, elle ne concerne que la personne présentant des tendances suicidaires 1.  Voir CGLPL, rapport de visite de l'unité d'hospitalisation psychiatrique du centre hospitalier d'Amilly-Montargis, février 2017. 16/03/2020 10:22:32

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