247197248.indd 49
L'organisation des soins sans consentement n'offre pas une prise en charge adaptée...
Pressées, peu ou mal formées, confrontées à des injonctions 49
paradoxales, sans les supports de réflexion et d'élaboration
que sont les réunions de synthèse ou les supervisions, les
équipes de soins font état de leur épuisement et du recours à
l'enfermement et à la contention comme seule alternative à
des agitations ou par crainte (anticipation) de comportements
potentiellement violents. Les restrictions de liberté comme le
refus d'accès au téléphone, à l'ordinateur, aux sorties, au tabac,
l'obligation du port du pyjama sont autant de réponses en
miroir de professionnels désarmés par des demandes de prises
en charge non pensées et non « élaborables » par manque de
temps.
RECOMMANDATION 14
Les établissements doivent organiser l'accès des professionnels
à une supervision, indépendante de la structure et réalisée sur
leur temps de travail.
D – L'impératif de gestion des flux conduit à une violation de droits
fondamentaux
Ce délitement de l'organisation aboutit aussi à un fonctionnement centré sur la gestion du flux de patients, qu'il faut à tout
prix héberger, quelle que soit la qualité du soin alors apportée, ou
qui n'est plus apportée. Comme si l'hébergement constituait à lui
seul une prise en charge suffisante alors même qu'aucun soin ne
peut s'engager dans ces conditions.
Outre le mésusage des mesures de soins sans consentement
pour assurer les admissions, la sur occupation amène les établissements à recourir à des changements de chambres et de
service, y compris en pleine nuit, avec ce que cela occasionne
16/03/2020 10:22:25
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents