247197248.indd 61 L'organisation des soins sans consentement n'offre pas une prise en charge adaptée... Ces dernières années, de nouveaux moyens ont été attribués 61 aux unités sanitaires en milieu pénitentiaire pour la création de centres d'activité thérapeutique à temps partiel (CATTP) afin de diversifier et d'intensifier la prise en charge des personnes détenues présentant des troubles psychiatriques. Mais l'existence d'un dispositif de soins psychiatriques en milieu carcéral offre la tentation d'y placer certains délinquants pour lesquels les institutions sanitaire et judiciaire « se renvoient la balle », faute de solution. Les multiples réincarcérations de certains patients-détenus illustrent cette question de la rechute ou de la récidive – selon le point de vue. Elles pointent les difficultés de la psychiatrie publique à s'articuler entre le dedans et le dehors et à être présente autant en institution que dans la cité sans rupture de prise en charge. Ces difficultés sont particulièrement illustrées par la relation institutionnelle complexe entre les services de protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et ceux de pédopsychiatrie qui se montrent souvent incapables de coordonner efficacement leurs actions, chacun se renvoyant la compétence de la prise en charge de certains enfants. Ainsi, les enfants qui leur sont adressés alternent les séjours dans l'une ou l'autre de leurs institutions pour des mêmes comportements qualifiés tantôt de passage à l'acte délinquant, tantôt de troubles du comportement ou encore de troubles psychiques selon les interlocuteurs et l'enjeu de la prise en charge. L'exercice de la psychiatrie en milieu pénitentiaire se heurte souvent à des injonctions paradoxales : l'incarcération d'un sujet suivi en psychiatrie s'accompagne fréquemment d'une rupture de soins, risque majoré par la détention, et entraîne ainsi très souvent l'aggravation des troubles psychiatriques préexistants. L'expertise psychiatrique pourrait permettre d'éclairer les décisions d'incarcération dans ces situations ou la maladie mentale reste très prégnante mais, obligatoire en matière criminelle, elle ne l'est pas pour les délits, notamment ceux qui sont jugés en comparution immédiate. Or, ce mode de jugement permet peu aux comparants et à leurs conseils de 16/03/2020 10:22:27

Select target paragraph3

Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents