Soins sans consentement et droits fondamentaux 68 247197248.indd 68 l'implication de professionnels très engagés. Le secteur a également été porteur de la formation des infirmiers, jusqu'à la suppression de leur corps en 1992. En 1982, la suppression de l'internat en psychiatrie créé en 1968 a abouti au retour de la formation des psychiatres dans les centres hospitaliers universitaires (CHU). Elle a le double effet de diminuer le nombre d'étudiants et d'ouvrir leur formation à d'autres écoles de pratiques, notamment la biomédecine puis les neurosciences avec un effacement relatif de la psychothérapie institutionnelle ou de la psychanalyse. Alors que le nombre de places offertes à l'internat est le plus important de toutes les spécialités (529 postes en 2019), cette offre de formation ne suffit pas pour fournir un nombre suffisant de praticiens de secteur, les psychiatres formés se détournant de la pratique hospitalière pour l'exercice libéral. Il en résulte un déficit crucial décrit ci-dessus (cf. chapitre 2, section 2, II, B) de praticiens dans les services d'hospitalisation publique qui perturbe dramatiquement la prise en charge. Les postes bien que financés restent malheureusement non pourvus en raison de cette démographie nationale non régulée. Quant aux CHU, certains conservent des chaires de psychiatrie adulte et de pédopsychiatrie alors même qu'ils ne gèrent parfois plus de services d'hospitalisation et encore moins de services agréés pour les personnes en soins sans consentement. Cette situation n'est pas sans répercussion sur la formation des internes aux spécificités des soins sans consentement et des restrictions de liberté qui en découlent. L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe invite dans sa résolution 2291 (2019) les États membres « à revoir le programme des établissements d'enseignement supérieur et tout particulièrement des facultés de médecine, de droit et de travail social, pour garantir qu'il soit conforme aux dispositions de la convention des Nations unies relatives aux droits des personnes handicapées ». Par ailleurs, l'évolution générale de la psychiatrie avec le développement des neurosciences a conduit à une prééminence actuelle du modèle biomédical souvent au détriment de la prise 16/03/2020 10:22:28

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