Soins sans consentement et droits fondamentaux
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acte transgressif des patients, au point de ne même plus caractériser ce qui est transgression et à quoi. Les unités édictent
partout des « règles de vie » qui organisent les actes élémentaires
des patients, avec des contraintes qui sont autant d'atteintes
à leurs droits, comme par exemple des horaires imposés pour
la toilette.
La confusion règne entre admission en soins sans consentement et limitation de la liberté d'aller et venir, entre troubles
mentaux et nécessité d'enfermer. En outre, ces contraintes pèsent
tout autant sur les équipes. Les soignants évoquent souvent leurs
difficultés à concilier les deux fonctions qui leur incombent, de
veiller au respect des règles de fonctionnement et d'assurer leur
mission de soin.
Section 1
Bien qu'infondée, la corrélation entre admission
en soins sans consentement et enfermement est constante
Dans de nombreux établissements, hospitalisation psychiatrique vaut enfermement. L'histoire de la prise en charge des
personnes souffrant de troubles mentaux montre à cet égard une
constante jusqu'au milieu du xxe siècle. Les dispositions de la loi
du 5 juillet 2011 qui prévoient la possibilité de soins sans consentement sous forme d'hospitalisation complète pour certains
patients (article L. 3211-2-1 1° du code de la santé publique)
sont souvent interprétées par les professionnels comme non seulement autorisant, en pareil cas, l'enfermement de ces patients mais
même l'imposant. Une telle interprétation est totalement erronée
mais, hélas, loin d'être isolée. Or, aucune disposition législative
n'impose l'enfermement.
De cette loi, il résulte, d'une part, que pour tout patient,
même en soins sans consentement, la liberté d'aller et venir à
l'intérieur de l'établissement est la règle. L'exception ne peut
concerner qu'un patient admis en soins sans consentement et
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