247197248.indd 149
Les lois de 2011 et 2013 n'ont pas garanti le respect des droits qu'elles affirmaient
patient en termes de respect de ses droits et comporte de nom- 149
breux effets négatifs relevés tant par les professionnels que les
patients.
D'une part, la possibilité d'un programme de soins a tendance
à effacer les autres projets avec consentement.
D'autre part, le suivi en programme de soins, dans certaines modalités, est perçu par certains patients comme un chantage. Sa mise en
œuvre suppose un maillage très serré du territoire pour pouvoir assurer
le suivi du patient, ce qui exige un personnel dont les secteurs ne disposent pas. Néanmoins, l'irrespect du programme par le patient est
sanctionné par une re-hospitalisation à temps plein avec les rigueurs
qu'elle comporte.
Enfin, l'augmentation constante du nombre de patients en programme de soins constatée avec les données actualisées de l'étude
citée ci-dessus 1, montre la difficulté d'en sortir : par le programme
de soins, le patient est pérennisé dans son statut de malade mental
et souvent « oublié », les certificats médicaux n'étant plus que de
simples « copier-coller » sans réel examen et l'avis du collège des professionnels de santé n'étant pas toujours sollicité.
Dès lors que la mesure de programme de soins, par les obligations de soins qu'elle comporte, constitue une atteinte à la
liberté du patient, elle appelle un contrôle régulier du JLD sur son
maintien.
RECOMMANDATION 66
La compétence du juge des libertés et de la détention doit
être étendue aux mesures de programme de soins ; ces
mesures doivent lui être systématiquement soumises à une
fréquence suffisante et au moins annuelle.
1. Magali Coldefy, Soins sans consentement en France : évolutions récentes et
disparités territoriales, présentation à la Journée de la Société de Psychiatrie de l'Est,
Strasbourg, 16 novembre 2018.
16/03/2020 10:22:38
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents