Priorité 2013 : Conformité aux droits humains de la détention en quartiers de haute sécurité unies, le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants observe que «plus longue sera la durée de l’isolement cellulaire, ou plus grande l’incertitude quant à cette durée, plus le risque sera élevé que la sanction ait sur le détenu des conséquences graves et irréparables, relevant de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, voire de la torture.»27 Concluant qu’un isolement cellulaire dépassant 15 jours consécutifs peut déjà avoir des effets critiques dans certains cas28, il invite les Etats à respecter le principe de proportionnalité concernant la durée de cette forme de détention.29 Il semble incontesté, sur le plan scientifique, qu’un isolement cellulaire strict peut, après un certain temps, avoir des répercussions négatives sur la santé psychique d’une personne et altérer sa personnalité.30 Des études montrent que des personnes confinées pendant une période prolongée dans un espace où les stimuli sont limités au minimum développent une incapacité à réagir normalement à leur environnement. Le régime cellulaire semble avoir des effets particulièrement nocifs sur les personnes qui présentaient déjà des troubles psychiques avant leur mise à l’isolement, cette forme de détention se traduisant dans certains cas par une aggravation des symptômes. L’incertitude quant à la durée de l’isolement a des répercussions négatives sur l’état psychique des personnes incarcérées concernées et peut exacerber certains symptômes : troubles psychotiques, anxiété, dépression, colère, troubles cognitifs, paranoïa, psychose et automutilation.31 Il ne faut pas non plus sous-estimer les difficultés, attestées scientifiquement, des personnes placées en isolement cellulaire prolongée à avoir des interactions sociales. Or ces difficultés peuvent compromettre, voire empêcher, leur réadaptation à la vie au sein de la prison.32 Op. cit., §§ 58 et 79. 27 De premiers effets néfastes peuvent, dans certains cas, être observés après 15 jours seulement, notamment sur les structures cérébrales. Voir par exemple Stuart Grassian, „Psychiatric Effects of Solitary Confinement“, Journal of Law and Policy, vol. 22 (2006), p. 325. 28 Op. cit., p. 90. 29 Pour une analyse détaillée des symptômes causés par l’isolement cellulaire, voir par exemple Grassian & Friedman (1986) ; Grassian (2006) ; Haney & Lynch (1997) ; Haney (2003) ; Scharff-Smith (2006). 30 Voir Sourcebook on solitary confinement, p. 21; aussi Stuart Grassian, „Psychiatric Effects of Solitary Confinement“, Journal of Law and Policy, vol. 22 (2006), p. 348. 31 Ibid., p. 333. 32 38 Rapport d’activité CNPT 2013

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