E/CN.4/2001/66 page 83 382. Floribert Chebeya Bahizire, président des Voix des sans voix (VSV), en faveur duquel le Rapporteur spécial était déjà intervenu en octobre 1999, et Olivier Kungwa, un des membres, auraient été convoqués par la détection militaire des activités antipatrie (DEMIAP) en janvier 1999. Ils y auraient été menacés de mort et d’autres formes de violences, apparemment en raison de leurs activités. 383. Micheline Mapangala, une secrétaire des VSV, se serait présentée sur convocation au Comité de sécurité de l’État (CSE) le 9 juillet 1999 où elle aurait été menacée de viol et d’autres formes de violences. Elle aurait été relâchée le même jour sans avoir été inculpée. 384. Christophe Bintu et Bienvenue Kasole, deux membres du Collectif des organisations et associations des jeunes du Sud-Kivu (COJESKI), ainsi que 25 Tutsis, auraient été arrêtés le 12 janvier 1999 au centre Bethanie, un centre catholique, où ils avaient trouvé refuge après avoir subi des persécutions dans l’est du pays. Ils auraient été détenus dans les baraquements de Kokolo, où ils auraient été menacés et frappés. 385. Wetemwami Katembo Merikas, membre du COJESKI en faveur duquel le Rapporteur spécial a envoyé un appel urgent (le 20 septembre 1999) après son arrestation, aurait été arrêté le 8 septembre 1999. Le Groupe spécial de sécurité présidentielle (GSSP) l’aurait accusé d’être membre d’une organisation politique d’opposition. La raison de ces accusations serait en fait la publication d’un rapport par le COJESKI sur les violations des droits de l’homme dans la province du Sud-Kivu par les forces armées burundaises. Il aurait été détenu au poste de police sous-communal de Gombe où il aurait été frappé par plusieurs policiers. Il aurait aussi été jeté dans une cellule pieds et poings liés et frappé. Il aurait été ensuite transféré au bâtiment dit du Groupe Litho Moboti (GLM), qui serait utilisé comme centre de détention secret par le GSSP. Il y aurait été fouetté huit fois chaque matin, après-midi et soir, durant toute la durée de sa détention. 386. Ilunga Kabeya et Tumba Betu ainsi qu’une dizaine d’autres membres de l’association des étudiants de l’Université de Lubumbashi auraient été arrêtés le 4 novembre 1998 alors qu’ils demandaient des bourses d’études. Il auraient été détenus à l’agence nationale de renseignements pendant plusieurs jours durant lesquels ils auraient été violemment battus à plusieurs reprises. Une jeune femme enceinte, Manuunga, aurait fait une fausse couche suite au viol auquel elle aurait été soumise. 387. Celestin Mayala, porte-parole de l’intersyndicale de l’administration publique, et Malu Tshisongo, Rapporteur général de l’intersyndicale, ainsi que sept autres membres, auraient été arrêtés le 3 août 1999 par des membres de la police d’intervention rapide de Kinshasa pour avoir organisé des grèves. Ils auraient été détenus au quartier général de la police provinciale de Kinshasa où ils auraient été battus avant d’être relâchés deux jours plus tard sans avoir été inculpés. 388. De plus, le Rapporteur spécial a transmis des renseignements sur les cas individuels suivants.

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