La formulation de l’article 34 du projet de loi a le mérite de clarifier la réglementation
existante en soumettant simplement tous les condamnés à l’obligation du travail,
assortie de l’obligation imposée au directeur de l’établissement pénitentiaire, de tenir
compte de l’âge, du sexe, des capacités physiques et mentales, de la santé et de la
personnalité du condamné.
La Médiateure tient à faire sienne l’analyse faite par le Conseil d’Etat selon laquelle
l’obligation au travail imposée aux condamnés, dûment entourée des précautions
nécessaires, n’est pas assimilable à un travail forcé et dès lors pas constitutive d’une
violation de l’article 4 de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des
libertés fondamentales.
L’expérience de la Médiateure dans ce domaine démontre d’ailleurs clairement que
la mise au travail en milieu carcéral constitue un des vecteurs principaux de
réinsertion sociale du détenu. Elle suit parfaitement l’argumentaire avancé dans le
commentaire des articles qu’il s’agit plutôt d’une insertion et d’une intégration
sociales alors que peu de détenus, surtout les plus jeunes, ont suivi une occupation
salariée régulière avant leur incarcération.
La Médiateure se félicite encore que l’adaptation nécessaire du travail aux capacités
du détenu soit ancrée d’une manière beaucoup plus précise dans la législation. Ceci
est en parfaite cohérence avec la visée d’un traitement pénologique largement
individualisé dont le contrat volontaire d’intégration, sous sa dénomination future qui
devra être adaptée aux impératifs légaux et légistiques, constituera l’élément-clé.
La Médiateure est consciente que la mise en œuvre de cette disposition se heurtera
à des problèmes pratiques et légaux.
Force est de constater que déjà à l’heure actuelle les établissements pénitentiaires,
et avant tout le CPL doivent faire face à un manque chronique de postes de travail à
la disposition des détenus, de sorte qu’il existe des listes d’attente assez
importantes, peu ou pas conciliables avec la volonté d’une réintégration plus
poussée des détenus. La Médiateure est d’avis que des efforts supplémentaires
conséquents devraient être menés en vue d’augmenter le nombre de postes de
travail à la disposition des détenus et ce dans les deux établissements pénitentiaires
actuellement existants.
La Médiateure se doit de remarquer que si le législateur entend maintenir l’obligation
au travail, il sera plus que probable qu’il se heurtera non seulement à des problèmes
pratiques de disponibilité, mais également à des problèmes d’ordre juridique alors
que du moins à l’heure actuelle, et sauf changement majeur dans un futur immédiat,
il ne semble pas possible de mettre à la disposition des condamnés un nombre de
postes de travail permettant de mettre à exécution la prédite obligation.
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