Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté 10 -247-18937-3.indd 10 entraînant promiscuité, trafics et rackets, en particulier auprès des personnes indigentes ou vulnérables, lesquelles sont l'objet de menaces contre elles-mêmes ou leurs proches : « [Les personnes détenues] se voient proposer l'utilisation d'un téléphone portable pour appeler leurs familles puis sont menacées si elles ne “collaborent” pas. Elles doivent appeler leurs familles pour payer le service qui leur a été rendu ; pour une cigarette prêtée, on en doit trois. Par instinct de survie, pour ne plus être menacé, on rentre dans le groupe des loups ; on est récupéré par le gang ennemi du gang qui vous menaçait. Un gradé indiquait “à l'extérieur, ils peuvent s'éviter ; dans la prison, ils ne le peuvent plus” » 1. La promiscuité imposée dans ces espaces, lorsqu'ils sont densément occupés, exacerbe le risque d'incidents violents entre les personnes captives, notamment lors des admissions de nouvelles personnes, en remettant en cause l'équilibre précaire de cohabitation établi. « En entrant au rez-de-chaussée, je suis interpellée tout de suite par l'état général des lieux, aussi bien sur le plan du mobilier que de l'environnement ; salle de détente, salle de TV, pièce à la prise des repas, sont dans un état que je ­qualifierais de "nuisible" au bien-être de jeunes adolescents ». Saisine de la mère d'un enfant placé, centre éducatif fermé, 2015   En détention, nombre de locaux de douche sont encore collectifs et les cabines de douche ne comportent souvent pas de porte. Les personnes détenues sont enfermées dans le local de douches à plusieurs, parfois dans un nombre supérieur à celui des douches en état de fonctionnement. 1.  CGLPL, Rapport de visite du centre pénitentiaire de Baie-Mahault, 2015. 04/11/2019 10:41:25

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