Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté 38 -247-18937-3.indd 38 « Je suis âgé de 85 ans. Hier j'ai été extrait pour une consultation ophtalmologique au centre hospitalier universitaire de […]. Le surveillant m'a passé les menottes au départ du centre pénitentiaire. J'ai demandé à ne pas les porter comme lors des précédentes extractions, mais le surveillant m'a dit : "vous êtes un homme dangereux". Je n'ai jamais fait l'objet du moindre rapport d'incident depuis que je suis à […] et mes précédentes extractions sans menottes ni entraves n'ont donné lieu à aucune difficulté. J'ai trouvé humiliant à mon âge d'avoir à traverser tout l'hôpital menotté au milieu du public. » Saisine d'une personne détenue, centre pénitentiaire, 2018   Les postures professionnelles, en établissement pénitentiaire comme ailleurs, entretiennent les violences, en agissant sur le ressenti des personnes parfois au-delà de faits objectifs. Ce ressenti violent crée un vécu traumatique de la privation de liberté, dont on sait qu'il est lui-même facteur de violences. Il doit impérativement justifier des modifications des pratiques professionnelles. « L'officier et les premiers surveillants ont en charge le contrôle des mesures de sécurité prises par les surveillants et il a été constaté une bonne traçabilité des actes qui respectent les procédures préconisées par la hiérarchie. Pour autant, la gestion de ces mesures de sécurité conduit parfois à la mise en place de pratiques difficilement acceptables par les personnes détenues qui peuvent alors devenir agressives ou violentes. Au moment de la mission, un homme présent au quartier disciplinaire depuis sept jours, directement amené en transfert disciplinaire depuis un autre établissement, se voyait ouvrir la porte de sa cellule par cinq surveillants équipés des matériels de protection complets avec casque et bouclier. C'était ainsi 04/11/2019 10:41:29

Select target paragraph3

Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents