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Une prise en compte insuffisante
d'adultes dans des chambres d'isolement de pédopsychiatrie. 87
Dans les maisons d'arrêt, du fait de la surpopulation carcérale,
les personnes menacées ou agressées doivent parfois attendre plusieurs mois avant de pouvoir rejoindre un secteur de détention
pour personnes vulnérables.
Les professionnels n'interviennent pas pour protéger la victime,
en raison des risques qu'ils encourraient pour eux-mêmes en portant secours, principalement en milieu pénitentiaire. Le CGLPL
a dénoncé dès 2008 le fait qu'en cas d'agression dans une cour de
promenade en prison « [les surveillants attendent] que les détenus
aient réintégré le bâtiment pour reprendre le contrôle de la situation. Les conséquences en sont triples : le plus fort impose sa loi ;
des blessures graves sont fréquemment constatées ; bon nombre de
détenus refusent d'aller en promenade, de peur des agressions ». 1
La victime ne peut pas se protéger d'autres actes violents
en s'enfermant de l'intérieur dans sa chambre, faute de serrure
adaptée ; c'est le cas de très nombreux centres hospitaliers et CEF.
En établissement hospitalier, les personnes les plus vulnérables
ou celles qui sont menacées sont admises dans des chambres
situées à proximité du bureau infirmier. Cependant, l'organisation interne des hôpitaux rend difficile la protection de tous les
patients exposés. Ainsi, l'IGAS a fait le constat que « La plupart
des unités comptent une vingtaine de lits. Au sein de ces petites
structures, on assiste au mélange de sujets fragiles, parfois âgés,
apaisés ou proche de la sortie avec des jeunes entrants en crise
souvent violents ; de malades hospitalisés sans consentement avec
des malades en hospitalisation libre ; de schizophrènes et de psychotiques avec des malades ayant des troubles du comportement
(y compris alimentaire) ou de l'humeur. De tels regroupements
facilitent les agressions et les homicides […] » 2.
1. CGLPL, Recommandations du 24 décembre 2008 relatives à la maison
d'arrêt de Villefranche-sur-Saône, publiées au Journal officiel du 6 janvier 2009.
2. Inspection générale des affaires sociales (IGAS), Rapport n°RM2011-071P,
Analyse d'accidents en psychiatrie et propositions pour les éviter, La documentation
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