a)
Les membres soient désignés à l’issue d’un processus transparent, inclusif
et participatif et que le MNP puisse recruter son propre personnel, y compris son
Secrétaire général;
b)
Les membres du MNP puissent recevoir un salaire adéquate;
c)
Le MNP ait une véritable autonomie budgétaire et les ressources
nécessaires pour s’acquitter efficacement de son mandat, y compris pour lui permette
d’avoir un programme de visites régulières et inopinées dans tous les lieux de détention.
Usage excessif de la force par des agents de l’État
32.
Tout en notant l’affirmation de l’Etat partie selon laquelle l’ensemble des
manifestations pendant la période examinée se sont produites sans aucun incident, le Comité
demeure préoccupé par des informations concordantes sur l’usage d’une force excessive par
les forces de l’ordre pour disperser les manifestants, résultant, par exemple, dans la mort par
balle de Lamine Mangane et Ramdhane Ould Mohamed. Il s’inquiète aussi des informations
concernant l’usage excessif de la force dans les opérations de contrôle des étrangers,
notamment contre les pêcheurs étrangers dans les navires mauritaniens. Même si, selon l’Etat
partie, aucune plainte n’aurait été enregistrée, le Comité regrette que l’État partie n’ait pas
répondu aux demandes de renseignements sur la question de savoir si des enquêtes d’office
ont été ou seront menées sur des allégations d’usage excessif de la force, mauvais traitements
et torture par les membres des forces de l’ordre dans les manifestations de janvier 2015, juin
2016, 29 février 2016, juin 2016, avril 2017 et 28 novembre 2017, ainsi que pendant les
opérations de contrôle des étrangers (art. 2, 12, 13 et 16).
33.
L’État partie devrait:
a)
Veiller à ce que des enquêtes impartiales et approfondies soient menées
sans délai sur toute allégation d’un usage excessif de la force, de torture et de mauvais
traitements, ainsi que d’exécutions extrajudiciaires, par des agents de l’État lors des
manifestations et d’opérations de contrôle des étrangers, et faire en sorte que les
responsables soient poursuivis et, s’ils sont reconnus coupables, qu’ils soient
sanctionnés et que les victimes obtiennent réparation;
b)
Rendre les dispositions législatives et réglementaires régissant le recours
à la force conformes aux normes internationales et veiller à ce que les forces de sécurité
appliquent des mesures non violentes avant d’employer la force lors du contrôle de
manifestations et de l’immigration et respectent les principes de légalité, de nécessité,
de proportionnalité et d’obligation de rendre des comptes;
c)
Redoubler d’efforts pour dispenser à tous les membres des forces de
l’ordre une formation systématique sur l’usage de la force, en particulier à ceux qui
participent au contrôle des manifestations et de l’immigration, compte dûment tenu des
Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et à l’utilisation des armes
à feu par les responsables de l’application des lois.
Peine de mort et peines corporelles
34.
Le Comité relève avec préoccupation que le Code pénal contient toujours des
dispositions autorisant les peines corporelles, pour sanctionner les infractions houdoud (la
mort par lapidation publique, la flagellation et l’amputation), dont certaines sont
imprescriptibles, et celles de Ghissass et la Diya ou prix du sang, qui consacre la loi du talion
dans les cas de crimes de violences portant atteinte à l’intégrité physique, et laisse la sanction
ou le pardon à l’appréciation de la victime ou de sa famille, moyennant une compensation.
Le Comité s’inquiète aussi des dispositions de l’article 303 du Code pénal, disposant qu’ « il
n’y a ni crime ni délit lorsque l’homicide, les blessures et les coups étaient ordonnées par la
loi et commandées par l’autorité légitime ». Le Comité s’inquiète de la récente modification
de l’article 306 du Code Pénal pour instituer la peine de mort obligatoire pour des actes
qualifiés d’apostasie et sans possibilité de repentir ou d’appel. Bien qu’il existe un moratoire
de facto sur l’application de la peine de mort et des peines corporelles, le Comité demeure
préoccupé par leur persistance dans la législation et leur possible application future. Il
s’inquiète également d’informations indiquant que plusieurs personnes condamnées à des
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