4.2.4
L’accès aux soins pour les personnes malades
a) Accès à l’information sur le risque sanitaire
Les patients ont avant tout bénéficié d’une information verbale par les soignants
accompagnant l’exercice des gestes barrières dans toutes les unités, reflet d’un risque
sanitaire partagé au quotidien. Les questions posées pouvaient être l’objet d’échanges
individuels entre soignant et patient. Les soignants se sont préoccupés de ne pas livrer les
patients a des sources d’informations répétées et catastrophistes toute la journée.
L’accès aux salles de télévision des unités a été conservé et adapté, en présence de plusieurs
téléspectateurs, au respect des mesures de distanciation physique. L’équipement des
chambres en téléviseurs reste rare dans les hôpitaux psychiatriques et n’a pas été développé
pendant cette période (un seul établissement a évoqué l’accès à une télévision payante en
chambre). Les postes de radio des salles de vie des unités de psychiatrie diffusent de la
musique et ne sont pas devenus des sources d’information journalistique. Les journaux et
magazines qui font l’objet d’un abonnement n’ont en général plus été distribués en raison
d’une manipulation collective peu compatible avec les gestes barrières.
Dans un établissement, les patients entrants, tous confinés pour une période de quatorze
jours en chambre sans téléviseur ni accès aux salles de télévision, ont confié un sentiment
d’isolement sans délivrance d’information.
b) Mesures conservatoires et de prévention
L’organisation sanitaire ambulatoire a été rapidement modifiée, en s’appuyant sur les
consignes et recommandations publiées par le ministère des solidarités et de la santé le
23 mars.
Les CMP ont réorganisé l’accès aux soins des patients. L’attente des patients ne s’est plus
déroulée dans les salles d’attente mais à l’extérieur des lieux de soins. Les consultations en
présentiel ont été réservées aux personnes bénéficiant d’un traitement injectable
neuroleptique d’action prolongée et aux patients dont l’état clinique était instable. La
réalisation d’entretiens téléphoniques infirmiers et médicaux et la réalisation d’entretien
médicaux en visioconférence, avec les patients confinés à domicile et équipés du matériel
adéquat, a complété les mesures de suivi. Enfin, les visites à domicile ont été renforcées, en
vérifiant auparavant par téléphone l’absence de personne contaminée au domicile, avec port
de masque et respect des gestes barrières.
L’installation du matériel nécessaire pour l’exercice de la télémédecine a associé le
développement des postes téléphoniques pour le suivi médical et infirmier à distance des
patients ambulatoires, et celui des postes informatiques avec webcam et logiciel spécifique
pour la visio-consultation avec les patients confinés à domicile, équipés de ce matériel
spécifique. Cette modalité d’échange a permis le maintien du lien thérapeutique avec les
patients, le suivi clinique et la réduction du nombre des « perdus de vue » dans les files actives.
Un lien particulier a été développé avec les pharmaciens libéraux pour la délivrance des
traitements pharmacologiques sur adresse directe par courriel des ordonnances
informatisées.
Les HDJ ont été très majoritairement fermés. Quelques exceptions sont détaillées infra, au
§ 5.2.6. Les CATTP qui proposent des accueils collectifs pour des prises en charge groupales
ont été fermés. Les activités de groupe ambulatoires ont été suspendues au titre des mesures
préventives du ministère des solidarités et de la santé.
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