le monde pour dormir. Ils dormaient soit sur des nattes qu'ils avaient eux-mêmes achetées, soit sur des cartons ou encore sur un banc en béton dont ils pouvaient tomber. Certains se trouvaient là sans mandat de dépôt et affirmaient que des ennemis avaient versé 2 000 francs CFA à la police pour qu'elle les garde en détention. Ils craignaient de rester des mois en prison sans inculpation ni jugement. Nourriture : un repas par jour, de mauvaise qualité. Santé : les autorités n'assurant aucun soin de santé, les détenus se débrouillaient eux-mêmes. Un détenu présentait une lésion cutanée importante qui, d'après ce qui nous a été dit, était très petite à son arrivée mais s'était aggravée faute de soins. Violences de la part des gardiens : un détenu nous a montré des cicatrices qui pouvaient concorder avec ses allégations selon lesquelles des gardiens l'auraient agressé. Si les détenus ne répondaient pas immédiatement à l'appel du matin, les policiers leur donnaient des coups de ceinture en plastique ou de matraque. D'autres détenus se sont plaints de ce que des policiers nouvellement recrutés les obligeaient à se tenir sur la tête et à danser : quand cet ordre n'étaient pas respecté, ils étaient battus. Les policiers s'adressaient agressivement aux visiteurs pour les inciter à ne pas revenir. Mineurs Un détenu qui a déclaré être âgé de quinze ans, ce qui paraissait vrai, a dit avoir reçu des chocs électriques sur les testicules au commissariat de police. Il a été torturé parce que l'enfant d'un policier, que son père avait placé en détention pour le punir, s'était ensuite plaint à son père de ce que ce mineur l'avait frappé pendant sa détention. Un garçon de dix-huit ans s'est lui aussi plaint de tortures analogues, tandis qu'un troisième détenu a déclaré avoir été frappé sur les pieds. Un deuxième détenu se disait âgé de quinze ans, ce qui semblait également crédible. Cellule 2 Il y avait 34 détenus dans cette cellule, mais ils ont déclaré que 16 autres personnes les rejoignaient la nuit et qu'ils ne pouvaient pas dormir tant ils étaient serrés. Condamnés et prévenus partageaient cette cellule. Plaintes : la cellule était infestée de poux et de punaises. La lumière du jour pénétrait mais il n'y avait aucune autre lumière. Les détenus devaient payer les policiers pour avoir de l'eau. Les familles devaient elles aussi payer pour avoir le droit de visite. Ils dormaient soit sur des nattes, soit sur des cartons ou sur un banc en béton. Le pot de chambre était lavé puis servait de récipient. Santé : absence de soins médicaux. Nourriture : insuffisante en qualité et en quantité. Violences : les policiers leur donnaient des coups de matraque sur les pieds et les chevilles. Ils nous ont montré les lésions dues à ces violences. Détention sans jugement : beaucoup étaient détenus sans jugement depuis six mois. Ils n'avaient pas le droit de sortir de la cellule ; un détenu s'est plaint d'être dans cette cellule depuis 9 mois sans avoir pu en sortir. Mais ceux qui payaient entre 5 000 et 10 000 francs CFA étaient autorisés à aller respirer dehors.

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