E/CN.4/2006/6/Add.2
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décongestionnement, par le transfert des détenus définitivement condamnés dans des prisons,
moins peuplées. Par ailleurs, ayant pris conscience du problème, l'Etat a créé de nouvelles
prisons à Yaoundé, Bangem, Fundong, Ndop et Moulvoudaye. Toutefois, ces efforts sont limités
par le programme d'ajustement structurel auquel le Cameroun est soumis.
112. Concernant l'absence de séparation des différentes catégories de détenus, il convient de
relever qu'aux termes du Décret n° 92/052 du 22 mars 1992 portant régime pénitentiaire,
certaines catégories de détenus jouissent des droits particuliers : ce sont les femmes, les, mineurs
et les détenus préventifs. L'article 20 du même Décret dispose que : « les femmes doivent être
rigoureusement séparées des hommes ». Cela peut s'observer dans nos prisons centrales qui sont
compartimentées en quartiers pour mineurs, pour femmes et pour hommes. II est évident que la
mise en œuvre concrète et intégrale de ce principe de séparation est tributaire de la construction
ou du réaménagement des prisons, ce qui nécessite des fonds importants que le gouvernement
s'emploie à trouver.
113. Recommandation (j): Tous les délinquants ou suspects emprisonnés pour la première
fois pour des délits non violents, en particulier s'ils sont âgés de moins de 18 ans, devraient
être libérés; ils ne devraient pas être privés de liberté tant que le problème de la
surpopulation carcérale n'aura pas été réglé;
114. Selon les informations reçues de sources non gouvernementales, le problème de la
surpopulation carcérale serait loin d’être réglé dans les prisons camerounaises, et les mineurs
continueraient d’être incarcérés même pour des délits mineurs. Les audiences étant surchargées
en raison du manque de magistrats, nombreuses seraient les affaires renvoyées. En outre, les
décisions de justice ne seraient pas rédigées à temps, ce qui entraverait le déclenchement des
procédures d'appel.
115. Le gouvernement a indiqué que ce point rejoint la recommandation (i), et les
développements y consacrés peuvent être transposés ici.
116. Recommandation (k): La pratique consistant à utiliser des détenus comme force
disciplinaire auxiliaire devrait être abandonnée;
117. Selon les informations reçues de sources non gouvernementales, faute d’assumer leur
mandat, les responsables pénitenciers continueraient d’utiliser des détenus (communément
appelé ‘antigangs’) comme force disciplinaire auxiliaire. Dans la prison centrale de Douala, pour
compenser l’insuffisance de personnel pénitentiaire, les autorités auraient nommé parmi les
détenus un corps appelé "antigang", chargé de maintenir l'ordre. Le régisseur de la prison Ayissi
aurait nommé Abang Pierre (ancien condamné à perpétuité dont la peine avait été commuée à 20
ans d’emprisonnement et à qui il restait 7 ans de prison) comme chef de ce corps en lui attribuant
des prérogatives exceptionnelles: "autorisation sans limite de sortir de la prison et sans escorte;
pouvoir de faire fesser n’importe quel détenu". De nombreux cas de torture sur des prisonniers
seraient le fait de membres de ce corps qui terroriseraient la population carcérale en cas de refus
d’obéissance.
118. Le gouvernement a indiqué que les incidents survenus à la Prison centrale de Douala le 3
janvier 2005 sont graves mais isolés. Dans l'après-midi du lundi 3 janvier 2005, aux environs de
16 heures 30 minutes, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux a été
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