E/CN.4/2006/6/Add.2
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saisi par le Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la Justice, chargé de l'Administration
pénitentiaire, et concomitamment, par le Gouverneur de la Province du Littoral et le Procureur
Général près la Cour d'appel du Littoral, de l'affrontement ayant opposé deux groupes de
détenus. D'un côté, les «antigangs» et de l'autre, les détenus. A l'origine de l'incident, il a été noté
la bousculade d'un détenu malade par un membre des « antigangs » qui pratiquait du sport. Une
altercation s'en est suivie, attisée par l'intervention respective des partisans de chacun des
groupes. La joute a pris fin par la mise en cellule du détenu malade. Le malade, en l'occurrence
FOULAGNA Sunday (qui avait été victime de la bousculade) est décédé quelques heures plus
tard. Le fait que le détenu à l'origine de cet incident soit un « antigang », a exacerbé les tensions
et entraîné une émeute généralisée. Le bilan de cet affrontement s'est soldé par 15 blessés dont 7
graves, admis à l'Hôpital Laquintinie. Des mesures urgentes ont été prises par les autorités
administratives et judiciaires du Littoral. Ainsi: le Gouverneur a procédé à la réquisition de la
gendarmerie en vue de constituer un service d'alerte dans l'enceinte de la prison; le Procureur de
la République et le Préfet ont effectué une descente sur les lieux qui a contribué à l'apaisement et
au désarmement des détenus qui s'étaient munis de gourdins et autres objets contondants; et la
Brigade de gendarmerie de New Bell a ouvert une enquête judiciaire. Une aide gouvernementale
immédiate s'est concrétisée par l'allocation de crédits au Régisseur pour la réparation des locaux
détruits et au médecin pénitentiaire pour la prise en charge médicale de tous les blessés. A son
niveau, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux a convoqué une
réunion de crise à l'issue de laquelle des instructions ont été données au Secrétaire d'Etat auprès
du Ministre de la Justice, chargé de l'Administration pénitentiaire en vue de conduire une
mission d'investigation le 4 janvier 2005 à Douala. Cette mission comprenait, outre le Secrétaire
d’ Etat: l'Inspecteur Général de l'Administration pénitentiaire; le Directeur des Affaires Pénales
et des Grâces; le Directeur de l'Administration pénitentiaire; un Inspecteur à l'Inspection générale
des services judiciaires; le Sous-directeur des Personnels pénitentiaires. Le Secrétaire d'Etat a, au
cours de la mission qu'il a conduite, identifié les causes de cet incident et évalué les actions à
mener. Parmi les actions recensées, celles ci-après ont déjà été concrétisées: 64 gardiens de
prison récemment sortis de l'Ecole Nationale de l'Administration Pénitentiaire ont été affectés à
la Prison Centrale de Douala; une lettre circulaire du Ministre de la Justice datée du 11 janvier
2005), interdit l'utilisation des personnes détenues aux tâches de maintien de l'ordre; le Ministre
des Domaines et des Affaires Foncières a été saisi le même jour d'une demande d'attribution
d'une parcelle de terrain à Douala, destinée à la construction d'une nouvelle prison; et le
Régisseur de la prison de Douala au moment de ces tristes événements a été remplacé. Les
actions qui restent à entreprendre sont les suivantes: affectation du personnel pénitentiaire ayant
servi pendant plus de 5 ans à la prison de Douala; vérification, sur l'étendue du territoire, de
l'existence et de la disponibilité des documents relatifs aux domaines pénitentiaires;
décongestionnement de la Prison centrale de Douala par le transfert d'une partie des détenus
condamnés définitifs vers d'autres prisons voisines, moins peuplées; et recrutement des
personnels pénitentiaires supplémentaires pour suppléer le déficit relevé dans les différentes
prisons.
119. Recommandation (l): Les Rapporteurs spéciaux sur les exécutions extrajudiciaires,
sommaires ou arbitraires et sur l'indépendance des juges et des avocats devraient être
invités à se rendre dans le pays. Au cours de cette visite, l'accent pourrait être mis en
particulier sur la réticence ou l'inaptitude du parquet et des autorités judiciaires à
contrôler convenablement le traitement, notamment par la police et la gendarmerie, des
personnes privées de leur liberté, et à poursuivre et à condamner les fonctionnaires chargés
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