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L'évolution de la psychiatrie laisse persister la contrainte dans les soins
principes de la CIDPH. L'Organisation mondiale de la santé pro- 21
meut également une approche de la santé mentale fondée sur les
droits humains. Son initiative QualityRights soutient les États dans
la mise en place de politiques, stratégies, lois et services conformes
aux normes internationales relatives aux droits humains, y compris
la CIDPH. Elle propose aux établissements psychiatriques une
boîte à outils permettant une auto-évaluation du respect des droits
de l'homme dans la prise en charge des patients.
Finalement, seul le Sous-comité des Nations unies pour la
prévention de la torture montre des réserves exprimées dans sa
Position sur les droits des personnes placées en institution et faisant
l'objet d'un traitement médical sans avoir donné leur consentement
éclairé de 2016 1 : « Toute privation de liberté doit être nécessaire
et proportionnée aux fins de la protection de l'intéressé ou de la
prévention des atteintes à autrui. Elle doit être décidée en prenant
en considération d'autres mesures moins restrictives et doit être
entourée de garanties de procédure et de fond suffisantes, établies
par la loi ». Cette position, quoique publiée après l'adoption de la
CIDPH, admet la légalité de la privation de liberté dans le champ
de la santé mentale.
À l'échelle nationale, bien que la France ait ratifié la convention
en 2010, les principes affirmés par celle-ci sont de portée incertaine
dès lors que ses dispositions ne lui reconnaissent pas d'effet direct
en droit interne. « La France n'a pas pris pleinement en considération le changement de modèle introduit par la Convention »,
a relevé la Rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits
des personnes handicapées, à l'issue de sa visite sur le territoire en
novembre 2017. Le constat est peu flatteur : la définition même
du handicap n'est pas conforme, des dispositions relatives à la protection juridique des majeurs telle qu'envisagée ne respectent pas
les termes de la convention, l'institutionnalisation des personnes
est massive, les soins sans consentement sont largement pratiqués,
1. CAT/OP/27/2.
16/03/2020 10:22:21
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