Soins sans consentement et droits fondamentaux
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graves du comportement, un seul soignant est présent durant
la nuit. En conséquence les patients sont systématiquement
enfermés dans leur chambre durant toute la nuit alors même
que ces chambres ne sont pas équipées de sanitaires, ni de
sonnettes d'appel. »
Pour pallier ces difficultés, les gestionnaires dégradent souvent
l'organisation des soins comme le constatent les contrôleurs lors
de leurs visites : diminution des temps de transmission voire suppression 1, remplacement des infirmiers par des aides-soignants,
gestion de la pénurie de soignants par des mutations de personnel
de dernière minute d'un service à un autre parfois sans rien de
commun, comme l'envoi d'infirmiers de psychiatrie générale en
pédopsychiatrie, ou en maison d'accueil spécialisée, et inversement.
Les modes locaux de gouvernance se révèlent parfois plus soucieux des objectifs de gestion et secondairement, de la satisfaction
des personnels – en pratique de la minimisation leur insatisfaction –, que du respect des droits des patients et de l'accès aux soins.
Les soignants ont besoin de donner du sens à l'hospitalisation, de
réfléchir aux modes de prise en charge, de remettre le sujet au centre
de ses soins, de préparer son retour à une vie sociale adaptée ; tout
cela demande du temps et du personnel formé autant à l'écoute du
patient qu'à l'analyse des pratiques et des logiques institutionnelles.
RECOMMANDATION 13
L'organisation des soins doit répondre aux besoins : les effectifs de soignants présents auprès des patients doivent être suffisants pour leur permettre l'exercice des soins de psychiatrie,
y compris des activités thérapeutiques et occupationnelles
intégrées au projet de soin.
1. Voir CGLPL, rapport de visite du centre hospitalier du Gers à Auch, mars 2019.
16/03/2020 10:22:25
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