Soins sans consentement et droits fondamentaux 48 247197248.indd 48 graves du comportement, un seul soignant est présent durant la nuit. En conséquence les patients sont systématiquement enfermés dans leur chambre durant toute la nuit alors même que ces chambres ne sont pas équipées de sanitaires, ni de sonnettes d'appel. »   Pour pallier ces difficultés, les gestionnaires dégradent souvent l'organisation des soins comme le constatent les contrôleurs lors de leurs visites : diminution des temps de transmission voire suppression 1, remplacement des infirmiers par des aides-soignants, gestion de la pénurie de soignants par des mutations de personnel de dernière minute d'un service à un autre parfois sans rien de commun, comme l'envoi d'infirmiers de psychiatrie générale en pédopsychiatrie, ou en maison d'accueil spécialisée, et inversement. Les modes locaux de gouvernance se révèlent parfois plus soucieux des objectifs de gestion et secondairement, de la satisfaction des personnels – en pratique de la minimisation leur insatisfaction –, que du respect des droits des patients et de l'accès aux soins. Les soignants ont besoin de donner du sens à l'hospitalisation, de réfléchir aux modes de prise en charge, de remettre le sujet au centre de ses soins, de préparer son retour à une vie sociale adaptée ; tout cela demande du temps et du personnel formé autant à l'écoute du patient qu'à l'analyse des pratiques et des logiques institutionnelles. RECOMMANDATION 13 L'organisation des soins doit répondre aux besoins : les effectifs de soignants présents auprès des patients doivent être suffisants pour leur permettre l'exercice des soins de psychiatrie, y compris des activités thérapeutiques et occupationnelles intégrées au projet de soin. 1.  Voir CGLPL, rapport de visite du centre hospitalier du Gers à Auch, mars 2019. 16/03/2020 10:22:25

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