Soins sans consentement et droits fondamentaux 2 247197248.indd 2 avec satisfaction l'évolution de ses interlocuteurs dans ses visites. Réticents il y a douze ans, ils marquent désormais leur intérêt pour le prisme d'observation du CGLPL, reconnaissant les apports d'un « regard extérieur » et sollicitant les échanges. Le CGLPL n'a jamais visité deux établissements similaires, les éléments de distinction touchent l'ensemble de leurs conditions de fonctionnement : la situation et l'environnement, la qualité et la disposition des locaux, les modes de gestion, l'organisation des unités, la répartition des patients, le nombre de lits. Tous ces aspects ont une incidence sur la prise en charge des patients. Aucun de ces établissements n'est totalement exempt d'atteintes aux droits de ses patients. Cette diversité permet au CGLPL dans le présent rapport de ne pas se limiter à la description ou à la dénonciation des pratiques mais de tenter une compréhension des éléments de fonctionnement, local ou à de plus larges échelles, qui contribuent à ces atteintes. Ces visites ont également permis de mettre en évidence des explications sur l'origine ou les motivations de pratiques exagérément contraignantes. Les personnes admises en soins psychiatriques sans leur consentement sont, pour nombre d'entre elles, parmi les plus vulnérables des personnes privées de liberté, les moins capables de défendre leurs droits et leur dignité. Pour une partie d'entre elles, c'est même en raison de leur incapacité que cette mesure leur est appliquée puisque selon la loi, « ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ». Leurs familles et leurs amis, souvent plus accablés que vindicatifs, ne sont pas en situation de veiller au respect de leur proche hospitalisé. Le patient est, à la lettre, pris en « charge » et n'est guère exigeant sur le respect de sa personne. La loi, depuis près de deux siècles, permet d'hospitaliser des personnes atteintes de troubles mentaux et ceci sans leur consentement. Même si les textes affirment que les soins libres doivent être privilégiés lorsque l'état de santé de la personne le permet, dans la pratique, la part des soins sous contrainte dans les admissions croît de façon préoccupante, atteignant le quart des admissions et représentant 40 % d'entre elles dans certains établissements. Or, 16/03/2020 10:22:18

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