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Introduction
de cette contrainte aux soins, les professionnels ont parfois tiré
l'autorisation implicite d'une contrainte au corps se traduisant en
une contrainte aux comportements : horaires, tabac, visites, etc.,
dans un souci de normalisation afin d'organiser la vie collective.
La limitation, voire l'absence de relations avec l'extérieur, l'agitation de certains patients et la nécessité de maîtriser quelques
faits et gestes erratiques ont permis, historiquement, le développement de pratiques empiriques, hors de tout contrôle réel par
des instances institutionnelles, voire de simples regards extérieurs
aux établissements. Bien sûr, ceux-ci se sont ouverts mais, dans
bien des lieux, les esprits le sont moins et les professionnels sont
d'autant moins enclins à l'observation et à l'analyse critique de
leurs pratiques et de leurs effets qu'ils n'en ont pas le temps
et qu'ils sont dans leur immense majorité mus par la conviction que « c'est pour le bien du patient ». Le fonctionnement
fermé, conjugué aux difficultés matérielles croissantes, entraîne
des dérives, limite les prises de distance, ainsi qu'en témoignent
de nombreux soignants : « on ne se voit plus travailler ».
Tout ce que le CGLPL a constaté n'avait pas été repéré auparavant par les contrôles externes, quels qu'ils soient ; les instances
supposées orienter, contrôler ou certifier les fonctionnements des
établissements, n'avaient pas porté leur regard sur les droits fondamentaux des patients, ou l'avaient fait insuffisamment. Elles
n'ont apporté aucune assurance du respect des droits.
Les établissements de santé mentale ne sont pas épargnés par
la crise de l'hôpital public, qui touche notamment aux moyens
humains, à laquelle s'ajoute pour eux, la mutation de la patientèle et
de la demande collective : l'évolution de la nature des troubles mentaux, en partie consécutive aux difficultés sociales et à des conditions
de vie déstabilisantes, un besoin de sécurité plus ou moins réel mais
exacerbé par le discours politique. Une demande paradoxale est
faite à la psychiatrie : celle d'une ouverture par le virage ambulatoire
accompagné de la fermeture d'un grand nombre de lits d'hospitalisation et celle d'un enfermement de plus en plus fréquent ou
durable des individus perturbants, par souci de sécurité.
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