E/CN.4/1996/35/Add.1
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Quatre hommes auraient été accusés de sa mort, mais le procès a été ajourné
au moins à trois reprises en raison de l’absence du tribunal d’un ou plusieurs
des suspects.
14.
Robert Kosta, propriétaire de la société "Lluka", et Kristaq Plaku,
employé de cette même société, faisaient partie d’un groupe de personnes de
l’entreprise qui, le 24 janvier 1994, auraient été frappées à coups de
matraque et menacées à l’aide de pistolets par des policiers du commissariat
de police No 1 de Tirana. Les brutalités auraient été déclenchées par un
différend à propos d’une caravane qui, selon la police, était illégalement
garée. Deux jours plus tard, les visages des deux hommes présentaient toujours
des traces des coups et Kristaq Plaku pouvait à peine se mouvoir.
15.
Ilir Ismaili aurait été violemment frappé vers la mi-avril 1994 par des
policiers de Laç qui l’observaient alors qu’il venait en aide à des personnes
qui avaient eu un accident de voiture devant le poste de police. Son visage et
son corps auraient été gravement contusionnés à la suite des coups reçus.
16.
Ismail Stafa, d’Elbasan, se serait approché d’un agent de la brigade
anti-incendie le 23 avril 1994 pour régler un différend : le policier l’aurait
frappé au visage et menacé de le tuer d’un coup de revolver, avant même que
Stafa ne lui adresse la parole. D’autres policiers sont arrivés et
Ismail Stafa a été arrêté et emmené au commissariat. Plusieurs policiers
l’auraient attaché à un tuyau et battu jusqu’à lui faire perdre connaissance
avec des matraques en caoutchouc et un bâton. Deux jours plus tard, le
procureur local aurait interrogé Ismail Stafa sur les circonstances de
l’accident, mais devant la gravité de ses blessures il aurait ordonné son
transfert à l’hôpital. Il a été traité pour de graves contusions, des
blessures à la tête et une perforation du tympan à la suite de quoi il a perdu
l’usage de son oreille droite. Son état aurait été qualifié de sérieux par un
expert médical et il a dû rester six semaines sans travailler. Au début
de 1995, l’enquêteur qui s’occupait de l’affaire a été remplacé par un autre
enquêteur, à la suite de quoi ses blessures ont été qualifiées de légères.
Les poursuites contre un officier de police auraient été suspendues faute de
preuves.
17.
Emil Fundo, son fils et Gjergj Durmishi auraient été arrêtés le
2 juin 1994 par la police qui soupçonnait Gjergi Durmishi d’être un voleur et
violemment battus. Emil Fundo s’est plaint auprès du procureur local, mais
aucune poursuite n’a été engagée contre les policiers; ceux-ci auraient été
transférés à la police de la circulation, ce qui équivaudrait à une promotion.
18.
Edmond Kutulla, Vangjel Namiku et Grigor Rapo, d’Himarra, membres de la
minorité grecque, auraient été arrêtés par la sûreté de l’Etat aux abords de
Tirana le 18 août 1994. Ils auraient été en possession de tracts demandant la
libération de membres de l’organisation "Omonia" représentant la minorité
grecque d’Albanie qui devaient passer en jugement à Tirana. Les trois hommes
auraient été privés de sommeil pendant 32 heures, battus à coup de matraque
dans le dos, sur la plante des pieds, et ils auraient fait l’objet de menaces
ainsi que leurs familles. Des certificats médicaux délivrés à la suite d’un
examen d’Edmond Kutulla et de Grigor Rapo le 26 août à l’hôpital Evangelismos