Résumé du rapport thématique CNPT 2018 – 2019
sements en revanche, les femmes doivent
payer elles-mêmes les tests de grossesse et
les articles d’hygiène ce que la Commission
juge inacceptable. En cas de besoin, les établissements visités organisent généralement
à l’extérieur les examens et traitements gynécologiques. Les questionnaires à remplir à
l’entrée des établissements contiennent en
général des questions spécifiques aux sexes,
même si dans bien des cas, seule la question
d’une possible grossesse est abordée. En
outre, le personnel féminin n’est pas toujours
présent lors d’un examen ou d’un traitement
médical d’une femme détenue. Conformément aux standards internationaux applicables52, les établissements accueillant
aussi des femmes doivent prévoir une prise
en charge médicale respectueuse du genre
et qui réponde aux besoins spécifiques des
femmes détenues. Il s’agit de prendre en
compte des aspects fondamentaux comme
l’accès gratuit à des articles d’hygiène, à
des moyens contraceptifs et à des examens
préventifs, mais aussi de prévoir un hébergement et un traitement adaptés pour les
détenues enceintes ou mères.53 La Commission recommande en outre urgemment
d’inclure des questions spécifiques au
genre dans les questionnaires d’entrée et
de veiller à ce que les services médicaux
comprennent au moins une femme médecin ou une infirmière. Les établissements
devraient par ailleurs garantir qu’avec le
consentement de l’intéressée, au moins un
membre du personnel de sexe féminin soit
présent lors d’un examen par le médecin.
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b.
Personnes LGBTIQ en détention
30. La Commission a constaté que les connaissances relatives aux besoins spécifiques des
personnes détenues LGBTIQ étaient la plupart du temps lacunaires et que les établissements ne disposent que de très peu d’informations sur la présence de cette catégorie
de détenus.54 En outre, des bases spécifiques
relatives au domaine de la santé permettant
de protéger ces personnes vulnérables font
largement défaut. Au vu des standards internationaux applicables en la matière, la
Commission recommande aux autorités
d’exécution des peines et mesures de développer les bases conceptuelles, afin de
tenir compte des besoins spécifiques des
personnes LGBTIQ en matière de santé
dans le respect de leur sphère privée.55
c.
Personnes âgées en détention
31. Lors de ses visites, la Commission a relevé
qu’en matière de santé des détenus âgés,
les mesures spécifiques font largement
défaut. Certains établissements, dont l’établissement pénitentiaire de Pöschwies, disposent toutefois de divisions destinées
spécialement à l’accueil de personnes âgées
ou diminuées physiquement ou mentalement et qui proposent des mesures individualisées sur la base d’une appréciation
médicale. Lorsque cela s’avère nécessaire,
les établissements organisent une prise en
charge médicale spécifique, adaptée aux
besoins individuels d’une personne détenue
âgée ou diminuée physiquement ou mentalement.
Cf. Règles de Bangkok, règles 6, 10, 11, 14, 18, 38 et 48 ch. 1; Art. 75 al. 5 et art. 80 al.1 let. b CP; Règles pénitentiaires européennes,
ch. 25.4, 34.2 et 34.3; CPT/Inf(2018)5, p. 4 et 5; CPT/Inf (2000)13-part, ch. 26 et 28; Recommandation R(98)7, ch. 8.
Cf. Règles Nelson Mandela, règle 28.
Le terme de LGBTIQ constitue un sigle pour désigner des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, intersexes et queer.
Les Principes de Jogjakarta, Principes sur l’application de la législation internationale des droits humains en matière d’orientation
sexuelle et d’identité de genre, 2006, Principe 9.B, 10.B, 17.B et G, cf. aussi Principe 6: chacun a le choix de divulguer ou non des
informations liées à son orientation sexuelle et à son identité de genre.
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