Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté
44
-247-18937-3.indd 44
La gestion des interactions individuelles et collectives n'en
devient que plus difficile et l'arrivée du professionnel n'a lieu
qu'une fois la crise de violence exprimée, sous forme d'opération
de maintien de l'ordre qui marque durablement les personnes.
« Vers 21h, des hommes cagoulés, armés avec des boucliers,
sont entrés dans ma cellule brusquement. Ils m'ont soulevé
de mon lit avec violence et brutalité, en faisant usage disproportionné de la force, des clés de bras. Depuis, mes chevilles
et poignets me font mal ».
Saisine d'une personne détenue, centre de détention, 2018
Le recul de la présence de professionnels auprès des personnes
privées de liberté, s'accompagne, pour maîtriser la violence générée par cette même déshumanisation, de moyens de sécurité passive généralisés et systématiques (fouilles, menottes et entraves,
tenues pare-coups, surveillance par vidéo dans les prisons, concertina, grillages, grilles, portes), parfois même de manière anticipée
(menottes et entraves).
À l'opposé, les sites contrôlés dans lesquels la ressource
humaine est adaptée au besoin des personnes, la violence est
mieux maîtrisée et les libertés fondamentales davantage respectées, comme les contrôleurs ont pu le constater dans un centre
hospitalier du Centre-Est de la France visité en 2019.
RECOMMANDATION 9
La prévention des violences interpersonnelles implique que
les professionnels soient présents en nombre suffisant au
contact des personnes privées de liberté.
Cette présence des professionnels n'est pas que quantitative.
Une Règle Nelson Mandela des Nations-Unies prévoit que « Les
membres du personnel pénitentiaire doivent subir un entraînement
04/11/2019 10:41:29
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents